Consulat du Burkina Faso de Nice

Artisans du Monde - Toure Issaka

lundi 27 avril 2015

TOURE ISSAKA
bronzier

Tel. (00 226) 71 04 10 61
Courriel : tissaka2004@yahoo.fr
secteur 12, quartier des bronziers

 

Artisans du Monde à Nice travaille avec plusieurs artisans ou artistes dans le monde entier ; Toure Issaka fait partie de ceux-là.

Issaka est bronzier depuis 40 ans, comme l'était son père et son grand-père avant lui. Il fait partie du clan des bronziers situé à Ouagadougou dans le quartier du même nom près du Palais du Mogho-Naba.

Jadis, le Mogho-Naba fit venir des bronziers pour les installer à ses côtés : ils étaient chargés de fabriquer les bijoux des femmes du palais.... la tradition a perduré.
Cette technique s'appelle "bronze à la cire perdue", sa particularité fait que chaque pièce est unique.

 

Le quartier des bronziers est un vrai dédale ; un étranger ne peut s'y retrouver aussi Issaka vous attend devant l'hôtel Pavillon Vert et vous guide à pied.
Ci-dessus la tente où Issaka modèle les futurs bronzes, issus de son imagination ou bien sur commande.
Issaka a deux fils : l'un est commerçant, l'autre garagiste, mais - tradition oblige - ils ont dû au préalable apprendre le métier de bronzier.

 

Fabriquer un bronze est un travail de longue haleine. Lorsque les commandes sont nombreuses, Issaka embauche ponctuellement de jeunes bronziers qui viennent l'aider.
La "chaîne de fabrication" s'étend sur plusieurs cours ; lorsqu'on veut suivre le processus, on passe de cour en cour.

 


La cire brute est mise à fondre

 


Une fois chauffée, elle est filtrée au dessus d’un seau d’eau froide
 

 

1ère étape : LE MODELAGE

 

L’objet est fabriqué à la main à la cire d’abeille filtrée. C’est une cire assez dure qui provient de Bobo Dioulasso ou Dedougou. Elle est chauffée (car livrée en gros morceaux) puis filtrée avec un grillage fin directement dans un seau d’eau froide où elle se fige en plaques qu’on peut récupérer après.

 

Ci-dessus :  la cire – noire à force de servir – est mise à tiédir pour être travaillée
Le modelage se fait à la main : le tap-tap sert à écraser la cire, le couteau est remis au feu.
Il sert à faire fondre légèrement la cire pour la coller

 

 

Le travail de la cire se fait à la main, avec un couteau, de l’huile de karité et un marteau en bois appelé « tap-tap » qui sert à affiner la feuille de cire.

La cire d’abeille change de couleur à force d’être utilisée (elle devient noire). Avec un kilo de cire on peut faire 5 pièces et réutiliser la cire dix fois (mais avec un peu de perte à chaque fois).

 

Voici Issaka très fier de nous montrer son paysan…
Il n’y a plus maintenant qu’à l’enduire de terre argileuse
à droite,  un autre modèle : une petite kora

 

 

2ème étape : ENDUIRE D’ARGILE

 

Le modèle une fois bien dur, sera enduit d’argile qui vient d’un des barrages de Ouagadougou. Il s’agit de coller au plus proche du modelage sans le déformer ; en laissant toutefois un trou en haut pour faire couler la cire fondue et le bronze en fusion.

Une fois sèche, la pièce d’argile sera mise au feu afin de la chauffer et faire fondre la cire à l’intérieur.

Une fois cuite, l’argile est maniée avec précaution pour ne pas la casser ; on va récupérer dans un récipient la cire fondue qui resservira pour un autre modèle.

L’argile forme alors un moule en négatif.

 

 

 

3ème ETAPE : LA COULEE

 

Dans une autre cour, un bronzier fait fondre divers métaux de récupération : vieux robinets, cadenas, ferraille en tout genre. Le feu se fait dans un trou avec un petit chaudron en métal servant de creuset. Le charbon de bois permet d’atteindre une chaleur suffisante pour faire fondre le métal, un autre bronzier attise le feu avec un soufflet de fortune, souvent fait de roues de récupération.

La couche supérieure du métal en fusion est délicatement récupérée pour le mettre sur la terre afin d’éliminer les impuretés. Ce métal fondu sera récupéré à son tour pour la fonte suivante : rien ne se perd !

Une fois le métal coulé, il faut attendre quelques heures pour qu’il se solidifie. On casse alors le moule pour récupérer l’objet en bronze. Chaque objet est donc une pièce unique.

 

 

4ème ETAPE : LES FINITIONS

 

L’objet récupéré est assez informe, il faut scier les morceaux de métal en trop (le métal s’est souvent introduit dans des fentes du moule en argile).

Scier, frotter, polir… c’est un long travail assez ingrat qui permettra d’obtenir une belle figurine en bronze bien brillante.

 

 

Certaines pièces partent à l’exportation, il faut alors les peser pour faire des colis. Nous voyons ici la balance, installée dans un arbre dans une autre cour.

Il faut passer dans une dernière cour pour voir les œuvres terminées. Issaka n’a pas de boutique d’exposition ; cela coûte trop cher. Alors on se débrouille pour se faire connaître.

 

Et voici les œuvres terminées d’Issaka………

 

 

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(Photos : A. Chalamon)