Consulat du Burkina Faso de Nice

Anophèle

jeudi 13 avril 2017

 

 

LES ANOPHELES

 

Les anophèles (singulier : un anophèle, même pour une femelle) font partie de la grande famille des moustiques, de l'ordre des Diptera, famille des Culicidae, sous famille des Anophelinae (sous-famille qui comporte aussi deux autres genres : les Bironella et les Chagasia).

 

 

Le genre Anophèle comporte 7 sous-genres et  464 espèces. On le trouve sur tous les continents même si chaque continent possède un sous-genre spécifique d'anophèle souvent vecteurs de maladies différentes, mais c'est en Afrique sub-saharienne qu'on trouve le risque de transmission parasitaire le plus élevé comme  le ver filaire de Bancroft qui mène à la filariose lymphatique.

 

Le paludisme est transmis par l'anophèle de Gambie (Anopheles Gambiaie - découvert en 1902) et l'anophèle arabe (Anopheles arabiensis).
Néanmoins une étude publiée en février 2011 dresse la cartographie génétique des anophèles au Burkina Faso, mettant en évidence une nouvelle anophèle issue de la Gambiaie et appelée provisoirement Anopeles Goundry. Cet anophèle a la particularité de vivre hors des maisons et non à l'intérieur comme la plupart de ses congénères. On ignore jusqu'à présent de quand date cette sous-espèce ; la plupart des études concernant les moustiques anophèles vivant dans les maison et les cases.

 

 

 

VIE DE L'ANOPHELE

 

L'anophèle, comme tous les moustiques, passe par 4 stades de vie :

 

- Le stade zygotique : la femme pond jusqu'à 500 oeufs dans une eau calme mais pas croupissante. Ils ne résistent pas à la sècheresse mais peuvent éclore en deux ou trois jours sur l'eau dans un climat tropical.

 

- Le stade larvaire : les larves se nourrissent et vivent juste sous la surface de l'eau. Elles respirent grâce à des stigmates situés sur l'abdomen, et se maintiennent en parallèle à la surface de l'eau grâce à des poils. Ces larves s'alimentent d'algues et de micro-organismes.
La larve est formée d'une tête avec mandibules, d'un thorax et d'un abdomen à 9 segments. Elle grandira de 1 mm à 8 mm en 5 jours environ.

 

- Le stade nymphal. C'est la métamorphose de la larve ; la tête et le thorax fusionnent, les parois se durcissent pour devenir comme un cocon. La larve a cessé de se nourrir mais a régulièrement besoin de respirer grâce à une trompe placée en haut du céphalothorax. Après plusieurs jours ; le cocon se fend en deux d'où émerge l'anophèle.

 

- Le stade imaginal. La durée de vie d'un anophèle adulte varie entre une semaine et un peu plus d'un mois, surtout chez la femelle (une femelle en hibernation peut même vivre jusqu'à 3 mois).

Le moustique adulte est constitué de trois parties :

- la tête avec deux yeux, deux antennes une trompe et deux palpes.

- le thorax avec deux ailes et trois paires de pattes

- l'abdomen avec les organes de digestion et de reproduction

L'anophèle se nourrit de jus de plante et de nectar car ils ont besoin de sucre. La femelle est également hématophage, elle a besoin de sang pour permettre aux oeufs de se développer dans l'abdomen.

 

 

La reproduction. La copulation se déroule entre 1 et deux jours après la métamorphose. Les femelles ne s'accouplent qu'une seule fois dans leur vie ; elles stockent le sperme et féconde les oeufs au fur et à mesure. Après la copulation la femme se met en chasse de sang. Les anophèles ne piquent que les êtres humains (sauf certaines sous-espèces comme l'Anopheles Cunifacies qui piquent également le bétail). Les anophèles femelles sont attirés par les odeurs de transpiration ou d'hormones ou bien le CO2 que dégagent les hommes. Ils peuvent être également attirés par l'odeur de l'alcool ou bien les couleurs foncées comme le noir.

L'abdomen gonflé de sang, l'anophèle femelle se repose dans un coin de la case (ou pour certaines sous-espèces, dans la cour) les oeufs mettent une quarantaine d'heures pour arriver à maturité ; la femelle cherche alors d'une nappe d'eau pour pondre.

 

Comment reconnaître un anophèle ?

 

L'anophèle se tient incliné, la tête penchée vers le sol et l'abdomen en l'air. On note également quelques écailles noires et blanches sur les ailes.

 

 

LE PALUDISME

 

Le moustique Anopheles gambiae est le principal vecteur du paludisme en Afrique. Suivant les chiffres de l'OMS, cette maladie affecte jusqu'à 500 millions de personnes dans le monde et tue plus d'un million de personnes par an, l'Afrique payant le plus lourd tribut.

 

Les parasites (comme le plasmodium, vecteur de la maladie) sont transmis à l'homme lors d'une piqûre d'un anophèle femelle infecté. Des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées, des campagnes d'information sur la limitation des eaux stagnantes voire des vaporisations d'insecticides ont montré des résultats limités. Il semblerait que l'anophèle développe une résistance aux insecticides voire même dans certains secteurs, le parasite issu de la piqûre deviendrait résistant aux médicaments antipaludéens. Néanmoins il est indispensable de mettre une moustiquaire imprégnée et des vêtements imprégnés de perméthrine.

 

Des recherches plus approfondies permettrait de mieux connaître ce moustique (notamment en étudiant les gênes olfactifs et gustatifs que la femelle utilise pour être attirée par l'être humain). Des vaccins ont été mis au point mais les essais sont encore balbutiants, l'étude épidémiologique n'est pas encore établie. Leur coût freine une large diffusion et certains nécessitent pour l'instant jusqu'à trois injections par an.

 

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

- Tout savoir sur les anophèles

- Se protéger du paludisme

- Anopheles Gambiaie

 

(Photos : internet libre de droit)