Consulat du Burkina Faso de Nice

Bazoulé

samedi 08 mars 2014

LE COMPLEXE DE BAZOULE
Route de Bobo, passer le premier péage
A Tangin Dassouri, prendre à droite "Mare aux crocodiles"
7 km de piste, traverser le village
Entrée : 1000 francs pour les étrangers
1000 francs pour un poulet pour les crocodiles
demander gratuité pour le chauffeur
 

 

 

 

Le complexe de Bazoulé s'est construit petit à petit, à partir du moment où la mare aux crocodiles est devenue un espace touristique.
Ouvert au public depuis trente ans, l'entrée n'est payante que depuis 1998.
Le complexe est géré par une association locale "Artoude" à qui reviennent les droits d'entrée . Ce financement a permis de construire deux écoles.
Les habitants de Bazoulé ont vite tiré parti de ce tourisme pour se développer, aidé en cela par la proximité de Ouagadougou. Le village compte actuellement : deux campements, un musée et un centre artisanal.
Le maraîchage et la riziculture se sont également beaucoup développés au profit des femmes et des jeunes du village.

 

Les touristes étrangers sont nombreux, mais les Burkinabè - notamment les écoles -  viennent volontiers visiter la mare.
Le site est régulièrement surveillé, par la police et par les habitants, évitant ainsi tout braconnage.

 

 

 

LA MARE AUX CROCODILES

 

De mémoire de villageois, cette mare aux crocodiles a toujours été un espace sacré. Certains parlent de plusieurs siècles.
La tradition veut que par le passé, le village a souffert de la soif. Un crocodile est alors venu dans le village ; intrigué, les villageois l'ont suivi jusqu'à ce qu'ils les mène à une source. Depuis lors, l'animal est sacré : lorsqu'un crocodile décède, on lui fait des funérailles comme pour un homme et il est interdit de récupérer sa peau.

Pour célébrer ce souvenir, une grande cérémonie est organisée chaque dernier dimanche d'octobre pour remercier les crocodiles d'avoir sauvé le village de la sècheresse, cette journée est ouverte à tout le monde (y compris les étrangers), à l'inverse du vendredi précédent où se tient un sacrifice uniquement réservé aux hommes d'au moins 50 ans ; ils sacrifient alors de gros animaux (boeufs, ânes).

 

D'autres sacrifices sont faits dans le courant de l'année pour une demande, un voeu ou bien un remerciement. Il faut alors demander la permission au chef du village qui décidera de la date et du type de sacrifice.

 

 

Entrée de la mare ; un auvent offert par la ferme aux crocodile de Pierrelatte en France,
permet de comprendre les moeurs des crocodiles à l'aide de panneaux ludiques

 

En fait de mare, il s'agit d'un lac qui peut prendre de grandes proportions en saison des pluies La pêche y est autorisée pour les villageois mais le filet est interdit. On y trouve carpes et silures que les villageois se partagent avec les crocodiles.

 

Une digue a été construite par le gouvernement afin d'aménager un bas-fond de l'autre côté, favorisant maraîchage et culture du riz. Cette digue est interdite à la circulation des voitures car les crocodiles viennent y dormir la nuit. Il n'est pas rare de les voir la nuit se promener dans le village. Les villageois assurent que les crocodiles crient et alertent le village dès qu'il y a un danger.

 


La digue bordée de jatropha dont les racines assurent la stabilité de l'ouvrage

 

184 crocodiles sont actuellement recensés dans la mare. Il s'agit de crocodiles du Nil.
Les femelles pondent des oeufs à l'âge de 15 ans, les mâles deviennent adultes à 20 ans.
Ils peuvent vivre jusqu'à 150 ans.
D'après le guide il est possible de compter l'âge d'un crocodile à sa mort. Les crocodiles mangent un petit cailloux par an ; en 2013 un crocodile décédé a été ouvert, 110 cailloux ont été retrouvés dans son organisme, donnant à penser qu'il était âgé de 110 ans.

 

L'accouplement se déroule en février, les femmes pondent 40 oeufs une seule fois par an, qui vont éclore au bout de trois mois. Sur les quarante petits qui vont naître, seuls 5 ou 6 survivront, les autres seront mangés par les prédateurs.

Les crocodiles vivent dans l'eau mais également sur les bords de la mare où ils dorment, défèquent et meurent.

 

Le crocodile voit bien dans l'eau ; il bénéficie de deux paupières différentes pour chaque oeil, lui permettant de protéger l'oeil dans l'eau et hors de l'eau. Sa vue est un peu floue hors de l'eau, le crocodile compense alors par l'odorat et l'ouïe.

 


On trouve des moules sur les bords de la mare.
Comestibles, les villageois les consommaient il y a plusieurs décennies

 


Un crocodile mâle peut atteindre trois mètres de long.
A droite les pattes arrière palmées, lui permettent de se déplacer dans l'eau aidé de la queue.

 


Les pattes avant servent essentiellement à avancer sur le sol ferme et creuser la terre.
A droite : la mâchoire de ce vieux mâle a perdu des dents lors de combats parfois violents entre mâles

 

Chaque mâle adulte possède son territoire qu'il défend âprement ; un mâle dominant dirige toute la mare. Son "titre" est remis en question tous les ans.

Lors de la saison sèche, la mare diminue. Certaines années, l'eau s'est faite rare et les crocodiles se sont battus à mort, allant jusqu'à manger tous les petits.

 


A gauche : les mâles se reconnaissent à leur museau plus large que celui des femelles
Les narines sont placée à l'avant du museau, les oreilles sont deux trous placés juste derrière les yeux.

 

Un crocodile peut manger jusqu'à 5 poulets en une journée mais il peut également jeûner pendant deux semaines. Il se déplace de manière placide mais peut également faire des bonds impressionnants pour atteindre une proie.

 


Quelques maraîchages sont installés autour de la mare. Cultivés par les jeunes du village, il a permis l'auto-suffisance alimentaire. Le pompage se fait à l'aide de pompes à pied  raccordées à des tuyaux qui plongent dans la mare. Un puits borde ces maraîchages, permettant de relayer l'arrosage en cas de sècheresse

 

LE CAMPEMENT TANGA ZOUGOU

 

Le campement se trouve à l'entrée de la mare aux crocodiles. Il a été construit il y a 5 ans avec l'aide du Conseil Général du Territoire de Belfort.
Il appartient  à un complexe hôtelier ouagalais, mais c'est l'association Artoude qui gère le campement.
Ouvert tous les jours et toute l'année, il offre gîte et couvert. Les chambres sont installées dans des cases single, double, triple... à des prix très variés (à partir de 7500 francs cfa)

Il possède l'eau courante grâce à un chateau d'eau et l'électricité grâce à un groupe électrogène. Il accueille aussi bien des touristes désireux de suivre un stage avec le centre artisanal situé juste à côté du campement, que des scolaires venus avec leur classe visiter la mare et le centre.

 

 

Renseignements pour joindre le centre.
SOPATEL S.A, campement bazoule 11 CMS BP 1873 ouagadougou 11
– tel 50 30 48 90 – 78 73 70 55 – mail : la palmeraieouagadougou@yahoo.fr
– site : www.lapalmeraie.biz

 

 

LE CENTRE ARTISANAL

 

Le centre artisanal touche le campement dont il est un prolongement. Au sein du campement on peut voir un homme âgé tisser des pagnes blancs selon la méthode la plus traditionnelle ; il a fabriqué lui-même chaque élément de son métier et actionne encore les fils avec ses pieds.

 

 

 

 

Des bronziers, des batikiers, bogolan, sculpture sur bois.... Des nombreux artisans travaillent à côté du campement. Plusieurs bâtiments ont été construits à cet effet, pour accueillir des stagiaires à certaines périodes. Il est en effet possible pendant plusieurs jours d'apprendre à faire un bronze ou un batik.

 


bronzier, batikier

 


Les femmes ne sont pas en reste. Plusieurs villages environnants se sont regroupés en association de femmes "Song-Taaba" ("toutes ensembles") afin de mettre en commun dans une boutique toute leur production : habits, confitures, bijoux, karité, poteries, textiles divers....

 

 

A noter au centre du village la présence d'un autre campement et d'un musée.

 

 

MEDIAS

 

- Les crocodiles de Bazoulé

 

(Photos A. Chalamon)