Consulat du Burkina Faso de Nice

Les Bovins

samedi 24 décembre 2016

 

 

 

 

LES BOVINS

 

Le cheptel  bovin au Burkina Faso est le deuxième plus important d'Afrique de l'Ouest, derrière le Mali.

En 2000 on dénombrait presque 5 millions de têtes de bétail pour plus de 9 millions en 2014 ; avec un accroisement annuel de 2%.
La valeur du cheptel était estimée à 35 milliards de francs en 1966 ; elle est de 1142,3 milliards en 2009.
Une partie du cheptel part à l'exportation ; en 2005 on comptait 212 660 têtes de bétail à l'exportation, chiffre qui a grimpé jusqu'à 408 332 en 2008, pour marquer un fléchissement avec 344 000 têtes exportées en 2014. L'exportation du bétail sur pied concerne les pays limitrophes mais le principal importateur de viande en provenance du Burkina Faso a longtemps été le Ghana, détrôné maintenant par le Nigeria. Le bétail va jusqu'au Cameroun et au Tchad.

 

Une grande partie des bovins sert à la production de la viande avec un abattage sous la tutelle de la SOGEAO (société de gestion des abattages) qui contrôle les 3 abattoirs frigorifiques et les 45 abattoirs séchoirs et les aires d'abattage qu'on trouve dans tous les chefs lieux de département. En 2005, on constatait 200 000 têtes de bétail abattues, pour 267 000 en 2014.

Les abattoirs ou aires d'abattage sont passées de 287 en 2005 dans tout le pays à 395 en 2014.

 

(Voir les statistiques de l'élevage du Ministère des Ressources Animales en 2014)

 

4 régions regroupent la majorité des troupeaux : le Sahel, les Hauts Bassins, la Boucle du Mouhoun et le Centre Ouest.

On dénombre 1400 marchés de bétails dans tout le pays avec de grands marchés nationaux (Ouagadougou, Djibo,...), dans les régions intérieures des regroupements localisés et spécifiques (Fada N'Gourma, Youba ...) et des marchés informels.

 

60% de la production de la viande provient de l'élevage à transhumance des Peuls. Mais les bovins sont également exploités pour le lait, la traction et le cuir (surtout chez les Touaregs).

 

L'économie laitière est encore peu structurée. 72% du lait provient de l'élevage en transhumance  (avec une estimation de 1 052 639 litres pour l'année 2007 sur 101 unités suivies).

En 2005, on comptait  60 mini laiteries artisanales (jusqu'à 100 litres par jour) et quelques laiteries de 500 à 3000 litres par jour. L'importation des produits laitiers est très importante (2007 : 10 301 tonnes de produits importés). En 2014, 175 unités de transformation du lait étaient recensées dans tout le pays.
la production laitière est passée de 123 900 litres en 2005 à 3 592 000 litres en 2014

 

Les maladies principales du bovins concernent les parasites (notamment avec la mouche tsé-tsé, même si des races peu fragilisées par ce parasite sont développées en brousse), la dermatose nodulaire et la fièvre aphteuse rencontrée essentiellement dans le Sud-Ouest et les Hauts-Bassins.

 

On dénote trois types d'élevage :

 

- l'élevage extensif de subsistance (exemple : la transhumance de l'élevage bovin géré par les Peuls)

 

- l'élevage d'épargne ; un élevage extensif sédentaire confié à des bergers en brousse. Il s'agit d'une embouche familiale et commerciale qui vient en plus d'autres activités (agriculture, artisanat...). Cet élevage ne nécessite pas d'insfrastructures lourdes.

 

- l'élevage de rente. Elevage sédentaire intensif (ou semi-intensif) qui nécessite de gros investissements en insfrastructures ; les animaux sont maintenus dans les bâtiments. Ce type d'élevage se trouve dans les zones péri-urbaine.

 

On dénombre deux races principales de bovins : les zébus (bovins à bosse) et les taurins (bovins sans bosse)

 

LE ZEBU

 

Le zébu  - du mot tibétain "zeba" qui veut dire "bosse" - est arrivé en Afrique par l'Egypte et la Mésopotamie il y a 4000 ans ; il provenait vraisemblablement d'Inde. Les zébus indo-pakistanais sont arrivés grâce aux Arabes au VIIème siècle par la Corne de l'Afrique. Fin XIXème siècle, une dernière importation massive d'Inde a vu l'arrivée d'un bovidé domestique descendant d'une sous-espère indienne de l'auroch.

 

Le zébu - Bos Indicus - se caractérise par la présence d'une bosse graisseuse derrière le garrot, plus ou moins grosse suivant les races (plus grosse chez le mâle que la femelle), et par la taille de ses cornes (dont on se sert pour faire des manches de couteaux ou des bijoux) ainsi que  par une extension caractéristique de la peau sous la gorge.

 

 

On trouve des zébus de plusieurs couleurs mais majoritairement le zébu est beige, rouge ou gris clair. 

Le poids des adultes oscille entre 200 kilos et plus d'une tonne.

Le zébu se trouve majoritairement dans la zône sahélienne chez les peuples nomades (Peuls Touaregs). La richesse de la famille se mesure à la taille du troupeau ; les animaux sont peu abattus mais élevés pour le lait.

 

On distingue trois groupes de zébus :

- les zébus à courtes cornes : Azawak, Goudali, Maure, Touareg, Adamaoua, arabe ....

- Les zébus aux cornes en lyre moyenne : le zébu peul soudanais, le djeli.....

- les zébus à lyre haute : mbororo, bororo ....

 


Zébus à courtes cornes

 

ZEBUS A COURTES CORNES : LA GOUDALI

 

C'est une race locale africaine qui provient de zébus introduits par les arabes au VIIème siècle en provenance d'Inde.
L'espèce s'est très vite adaptée donnant 5 types différents de goudali (sokoto au Nigeria, Bénin et Burkina Faso, Adamawa, Banio, Yola et Ngaudere au Cameroun)

Elle présente une robe unie ou pie (tachetée de deux couleurs) : noir, blanc, gris ou rouge. Le ventre et l'intérieur des pattes sont souvent plus clairs. Le zébu goudali a les cornes tellement courtes qu'elles souvent inexistantes. Elle possède de grandes oreilles pendantes

Sa hauteur au garrot va jusqu'à 1,40 mètre et les mâles pèsent jusqu'à 650 kg. C'est un animal lent et placide élevé pour la viande, la lactation ( 244 jours de lactation par an) et pour la traction vu sa docilité.

Elle montre une bonne résistance à la chaleur, son rendement à la viande est bon et elle est facile à nourrir (elle mange tout ce qu'elle trouve).

 

ZEBU A COURTES CORNES  : LE ZEBU AZAWAK

 

Ce zébu est originaire de l'Azawagh, province du nord du Mali ; il serait issu des zébus arrivés en Afrique il y a 4000 ans. C'est une race traditionnellement élevée par les touaregs. On le trouve également au Niger et au Nigeria

Sa robe est pie rouge ou pie noire, fauve mouchetée de blanc.

La taille moyenne au garrot s'élève à 1,30 mètres pour un poids de 300 kg chez la vache. La vache donne 600 litres de lait pour 270 jours de lactation. Des essais ont été faits en sédentarisant la vache azawak et en la nourrissant mieux ; on a pu ainsi récolter 1800 litres de lait en un an.

C'est une race très bien adaptée au Sahel.

 

ZEBUS A COURTES CORNES : LE ZEBU ARABE

 

Ce zébu est également appelé Abore, Choa, Ouadara, petite vache de l'Azbin, Shuwa, Tur, Wadara (NB : le terme Wadara désigne aussi bien le zébu arabe que le zébu Azawak : les deux zébus présentent des similitudes). On le rencontre très peu au Burkina Faso.

Ce zébu a une taille moyenne, un mufle large, un corps trapu et bien en chair. Ses cornes sont courtes et dirigées vers l'avant.

La bosse est bien marquée chez le mâle (moins chez la femelle). Les membres sont courts et fins.

Sa robe est roux foncé, brun foncé (quelque fois pie noire ou pie rouge). C'est un zébu sahélien adapté aux déserts arides. Les nomades l'élèvent pour le prestige du troupeau, il est également élevé pour la traction.

 

Zébu Azawak

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ZEBU EN LYRE MOYENNE  :  LE ZEBU DJELI

 

Appelé aussi Diali, Jali ou Jeli, c'est une race bovine originaire du Niger, issus des zébus introduits en Afrique de l'Est il y a 4000 ans. On le trouve également au Bénin.

Sa robe est blanche (mais on trouve également ces Djeli pie rouge, pie noir ou rouan).

Ses cornes sont de taille moyenne en forme de lyre haute. C'est une race traditionnellement élevée par les Peuls ; on les trouve dans toute l'Afrique de l'Ouest, ce zébu est très bien adapté au milieu sahélien ; les troupeaux sont élevés en transhumance.

Le mâle peut atteindre 1,30 mètre au garrot et peser jusqu'à 350 kg.

On l'élève surtout pour la viande. La lactation donne 2 à 3 litres de lait par jours sur 200 jours de lactation. On le rencontre assez peu au Burkina Faso.

 

ZEBU A LYRE HAUTE : LE ZEBU BORORO BLANC

 

Appelé également Fulani Blanc, Foulbé Blanc, Peul Blanc, Akou, le zébu Bororo est élevé par les Peuls dans la zône centrale du Sahel ; on en trouve jusqu'au Soudan.

D'ossature fine, sa robe est blanche (parfois tâchée de noir ou de rouge sur les pattes ou sur les flancs).

Il possède de très longues cornes en forme de lyre à large base pouvant dépasser un mètre de long. Les mâles pèsent jusqu'à 660 kg.

Ce zébu est un très bon marcheur, parfaitement adapté à l'élevage en transhumance. Les femelles donnent jusqu'à 1000 litres de lait sur 220 jours de lactation, avec un lait très riche en matière grasse. On l'élève également pour sa viande et pour la traction. La femelle met bas presque tous les ans.

Ce zébu est souvent métissé avec d'autres zébus afin d'améliorer les qualités laitières et bouchères.

 

 


Zébus à longues cornes

 


Les dégâts de la sècheresse ..... 
A gauche un zébu près de Ouagadougou, à droite près de Banfora... loin de leurs pâturages habituels

 

ZEBU A LYRE HAUTE : LE ZEBU M'BORORO

 

Ce zébu est également appelé Fulani Rouge, Wodabe, Fellata, Abori, Bodadi, Brahaza.

Cette race de zébu a été introduite par les Arabes depuis l'Inde au VIIème siècle. Elle est très adaptée aux zônes sahéliennes.
Sa robe est unie rouge sombre avec des oreilles pendantes et de très longues cornes en lyre qui peuvent mesurer jusqu'à 1,40 mètre.

C'est un zébu élevé par les peuls en transhumance pour le prestige familial ; la viande est consommée les jours de fêtes mais c'est une très faible laitière.

Les grands troupeaux sont élevés par des bergers ; on y dénote une mortalité importante tant dans le troupeau que chez les jeunes veaux.

 

 

 

LE TAURIN

 

La race taurine - Bos Taurus - se définit par un bovin sans bosse qui vit en zone plus humide. Sa particularité est d'être résistante à la Trypanosomose (maladie parasitaire provoquée par la mouche tsé-tsé)

trois races figurent au Burkina Faso :

- Taurin à cornes longues : la vache N'Dama

- Taurin à cornes courtes de la savane : la vache Baoulé ou Lobi

- Taurin à cornes courtes de la forêt : la vache lagunaire

 

LA VACHE N'DAMA

 

C'est une race originaire du Fouta Djallon ; elle mesure 1,20 mètre au garrot et pèse entre 250 et 400 kg. On l'élève pour sa viande. Elle possède une capacité laitière de 2 litres par jour.
Cette vache a pu se développer grâce à sa trypanorésistance, mais elle possède une faible résistance à la sècheresse et à la forte chaleur.

Sa robe est claire, généralement unie du noir au brun.

C'est une race rustique, de petite taille qui donne de la bonne viande et un bon rendement en production de cuir. Sa force de travail en fait également une bête de trait. On la trouve dans le Sud-Ouest du Burkina Faso.

 

LA VACHE BAOULE OU LOBI

 

C'est le taurin le plus répandu au Burkina Faso ; originaire du Sud-Ouest du Burkina Faso en pays lobi, on la trouve également en pays Baoulé en Côte d'Ivoire (d'où son nom).

Ce bovin a été domestiqué en Afrique il y a plus de 6 000 ans. C'est une race de la savane tropicale, peu adaptée au Sahel. Elle est très proche de la race lagunaire.

Bovin de petite taille à la tête massive et aux cornes courtes et fines ;  la vache lobi a un poil court et luisant avec une robe pie noire, pie jaune et quelque fois jaune.
De type sédentaire, c'est un élevage d'appoint en plus de l'agriculture, elle vit en pâturages naturels.

On l'élève pour la production de viande, et quelque fois pour la traction,. Sa chair est fine, mais son lait peu abondant. Elle est utilisée coutumièrement pour la dot lors d'un mariage.

 

Vache lobi

 

LA VACHE LAGUNAIRE

 

Appelée également "Lagune", elle est originaire du Golfe de Guinée.
Sa robe est noire, pie noire ou fauve. Elle a des cornes courtes et effilées (quelque fois la vache n'a pas de cornes).

Sa taille au garrot peut atteindre un mètre pour un poids qui peut atteindre 200 kg.

C'est le taurin le plus petit d'Afrique de l'Ouest. Race adaptée aux zones côtières ou forestières on la trouve également dans d'autres pays (Muturu au Nigeria et Ghana, Manjaca en Guinée Bissau).
Elle est moins fréquente au Burkina Faso.
Elle est très bien adaptée - comme les autres races taurines - aux environnements difficiles car trypanorésistante. On a tendance à la croiser de plus en plus avec des zébus pour améliorer le rendement au point que la race est menacée de disparition. On trouve ainsi au Bénin la race Bourgou qui est un croisement stabilisé de la Lagunaire avec un zébu Fulani blanc.

 

LE METISSAGE

 

Le caractère extensif de l'élevage des bovins avec déplacements par nomadisme ou transhumance, entraîne de nombreux métissages incontrôlés donnant des troupeaux à races mélangées.

Certains métissages sont volontaires : notamment entre les taurins lobi et des zébus ; afin de rendre les zébus trypanorésistants, et améliorer les capacités de viande et de lactation.

 

Un dernier type de métissage - volontaire celui-là - est le fait de grandes fermes qui ont importé des bovins d'europe (Tarentaise, Brune des Alpes, Montbéliarde, Jerseyaise, Holstein, Limousine..) pour faire des croisements (Koubri, Kokologho) on trouve également des introductions récentes de bovins brésiliens : Gir et Girolando que l'on retrouve à Boulbi et Loumbila.

 

On dénombre environ 3 millions  de bovins métissés en Afrique de l'Ouest.

 

 

LES BUFFLES

 

Parmi les bovins sauvages, le buffle tient une bonne place puisqu'on dénombre plus d'un million de têtes en Afrique. On trouve des buffles au Burkina Faso dans une moindre importance, essentiellement dans les parcs naturels.

le buffle d'Afrique - syncerus - provient d'une souche asiatique. Les buffles asiatiques actuels sont de même souches mais présentent de notables différences. Si le buffle d'Asie a pu être apprivoisé, le buffle africain est resté sauvage.

Bovin massif au garrot, le mâle pèse jusqu'à 900 kg pour 500 kg chez la bufflonne. Le mâle mesure 1,70 au garrot pour 3,50 mètres de long.

Le seul prédateur du buffle africain est le lion (lion qui est peu présent au Burkina Faso à l'heure actuelle) .... et l'homme à travers la chasse. L'animal court vite et se défend très bien ; irrascible, il peut vite devenir dangereux en chargeant les autres animaux ou même les hommes.

 

 


Photos prises dans le Nahouri


Ziniare

 

 

VOCABULAIRE

 

- élevage transhumant : élevage avec des mouvements cycliques de déplacement

- élevage nomade : élevage à déplacement anarchique suivant les ressources pour le troupeau

- élevage sédentaire extensif : élevage avec des déplacements courts dans le secteur du village, nécessitant aucun investissement (ou très peu)

- élevage intensif : élevage qui demande de gros investissements en infrastructures ; les animaux sont maintenus dans les bâtiments.

- robe pie : robe blanche avec des tâches d'une autre couleur

 

 

LE MARCHE DE FADA N'GOURMA

 

 

Le marché au bétail de Fada N'Gourma a lieu tous les dimanches matin dans un lieu dédié bâti en 1978 et construit en dur en 2006. Il est géré par un comité de gestion qui perçoit 500 francs par tête de bétail vendue et placée dans un box avant d'être embarqué.
Tous les bovins vendus sont vaccinés ; certains bovins sont malades, seul le vétérinaire peut décider de sa vente à des fins de boucherie. Le marché se partage en deux saisons ; grosso modo les saisons se confondent entre hivernage et saison sèche où les bêtes partent en transhumance. Le marché oscille entre 600 et 1500 têtes de bétail qui sont vendues grâce à des intermédiaires (il est impossible de vendre des bêtes directement).

Ce marché est spécialisé dans les bovins, mais on trouve également des ânes, des caprins, des ovins et de la volaille.

 

EN SAVOIR PLUS

 

- Annuaire des statistiques de l'élevage 2014 (Ministère des Ressources Animales)

 

- les buffles

- Les taurins à courtes corne

- Mémoire de DEA de Michel Kabore

- FAO : lait et produits laitiers en Afrique

- La filière lait au Burkina Faso

- La mortalité du bétail

 

ACTUALITES

 

- La Croix-Rouge soutient la vaccination de 290 000 ruminants

- Gestion du marché au bétail de Fada

 

(Photos : A et B Chalamon - C. Lebreton - B. Frager - P. Lavillette - JP Fouilloux)