Consulat du Burkina Faso de Nice

Concession gourmantché à Diapangou

mardi 27 décembre 2016

 

 

 

 

EXEMPLE D'UNE CONCESSION GOURMANTCHE

LE CAS DE KALMANMA à DIAPANGOU

 

 

 

La concession de la famille Ouoba se trouve dans le hameau de Kalmanma (traduction : ils se sont installés dans un coin intéressant), dépendant de la commune de Diapangou.
Diapangou est l'une des six communes de la province du Gourma (Région Est). Elle se trouve à 18 km de Fada sur l'axe Ouagadougou-Niamey. Kalmanma est un hameau de culture situé à 5 km de la Route Nationale sur la piste qui mène de Lantargou à Komampergou.
C'est un hameau parsemé de champs dont les exploitants proviennent des villages de Bardiadeni et Lantargou.

La famille Ouoba est venue du village de Bandiabgou où se trouvent leurs origines pour s'installer à Kalmanma il y a une cinquantaine d'années.

 

Le hameau est essentiellement peuplé de gourmantché, on compte néanmoins une concession occupée par des Mosse. Les peuls n'apparaissent que lors de la transhumance, mais ils ne restent pas vivre sur place.
Le principal problème du hameau est l'eau, elle se trouve à une grande profondeur rendant les forages très onéreux. Ainsi il n'y a pas de maraîchage dans le secteur (tout au plus les femmes cultivent-elles le gombo). Il n'y aucun bas-fond dans le hameau, les cultures  sont centrées sur le mil, sorgho, maïs, arachide, sésame et coton. Malgré les grosses pluies en août 2016 qui ont fait des dégâts dans d'autres contrées, les récoltes de cet hivernage ont été bonnes, la famille est plutôt contente.

 

La concession est construite en cercle autour d'une cour centrale ; les différentes cases sont reliées entre elles par un mur en banco, l'entrée se fait via un mur en partie écroulé. Les cases traditionnelles rondes alternent avec des constructions plus modernes de forme rectangulaire au toit plat.
La famille interrogée avoue avoir plus de place dans les constructions modernes, même s'il y fait plus chaud. Les cases traditionnelles sont plus compliquées à construire à cause de la raréfaction de la paille qui sert à faire le chaume, cette paille est issue d'une herbe sauvage - l'Andropogon - qui ne pousse qu'en brousse.

Dans la cour centrale, on voit encore les débris de la meule pour broyer le grain, mais plus personne ne s'en sert depuis l'apparition du moulin. Les petits greniers en terre appartiennent aux femmes.

 

 


Entrée de la concession

 

Une trentaine de personnes vit dans la concession, tous de la même famille. Le chef de famille - Diassibo Ouoba - est de religion catholique et a trois femmes, ses deux fils ont deux femmes chacun, l'aîné des fils est de religion musulmane. Chaque case est dévolue à une femme et ses enfants, le chef de famille a sa case particulière.

Globalement les enfants vont à l'école, cinq d'entre eux suivent l'école primaire et trois vont au collège. Les parents ont le désir de voir leurs enfants poursuivre leur scolarité le plus loin possible.
Les enfants ne sont plus scarifiés, à l'inverse de leur mère, les pères ne veulent plus et les vieilles qui savaient le faire et en avaient le droit coutumier, sont en train de disparaître.

 

 

 

Les hommes ne pratiquent plus guère la chasse (à part un peu de braconnage), la région Est est en effet connue pour son tourisme cynégétique et les animaux sauvages sont extrêmement protégés.

 

Le hameau ne compte pas de groupement de femmes, mais des groupements existent sur Diapangou ou des villages environnants.
Trois femmes se partagent la fabrication du dolo, en alternance une fois par semaine ; sauf pendant l'hivernage où tout le monde travaille aux champs. La fabrication reprend fin octobre. La cour centrale de la concession est alors transformée en cabaret où tout le monde peut venir boire le dolo.
Le dolo gourmantché est rouge car il ne se fabrique qu'avec du sorgho rouge.

 

 


Construction moderne et construction traditionnelle

 

Les enfants jouent à des jeux traditionnels même si ceux-ci ont tendance à s'oublier.

Les garçons jouent à cache-cache la nuit (avec un cercle tracé gardé par un joueur), ou bien se défient à la lutte. Ceux qui gardent les troupeaux prennent des tiges de mil pour en faire des flûtes.

Les petites filles jouent à des danses ; elles font des cercles où elles battent des mains en chantant et dansant. Le chef de famille fait remarquer qu'auparavant les fillettes chantaient des chants traditionnels, ces derniers sont peu à peu remplacés par des chants religieux.

Il arrive parfois que plusieurs familles se regroupent pour jouer de la musique avec des instruments traditionnels comme le tambour, la guitare traditionnelle, le gangaali ou la calebasse.




La cour centrale est commune à toutes les familles présentes. Les gros greniers à grain sont construits à l'extérieur immédiat de la concession : à noter le grenier à droite en terre, que l'on ne trouve qu'en pays gourmantché


 


Le chef de famille, c'est à lui que sont remises toutes les récoltes
 


Une bonne partie de la famille pose pour la postérité
 

 

(Photos A. Chalamon - Article rédigé avec l'aide de Ikoanga François Lompo)