Consulat du Burkina Faso de Nice

DAFRA

samedi 04 mai 2013

SITE DE DAFRA

 

 

Renseignements pratiques
Dafra est un village situé à 10km environ au Nord de Bobo Dioulasso
Son intérêt réside dans la visite d'une zône de sacrifices avec des silures sacrées
- Se faire accompagner d'un guide, suivre ses indications
- Laisser la voiture près d'une concession pour marcher 1,2 km à pied sur un plateau granitique
- Ne convient pas aux jeunes enfants et aux personnes à mobilité réduite
- Ne pas être habillé en rouge
- Prévoir environ 3000 f cfa en liquide (poulet, dolo, "salaire" du sacrificateur)
- Les photographies sont possibles sauf pour l'autel du fétiche
 

 

LES ORIGINES

 

Dafra est le nom des guérisseurs qui protègent la ville de Bobo.
Jadis, au village, le roi mourût ; en bonne logique la royauté devait revenir à ses fils mais un des frères du roi défunt voulut prendre le royaume pour devenir roi. Mais, ce frère était féticheur et un féticheur ne peut devenir roi. Cela engendra de graves histoires et le féticheur choisit la fuite.
Ce féticheur était un guérisseur qui connaissait beaucoup de secrets qu'il refusa de partager , il préféra jeter toutes ses connaissances aux silures. Depuis sa mort, tout le village est tenu de venir faire des sacrifices à ces silures devenues sacrées.

Ce féticheur s'appelait ..... Dafra ! ce qui signifie : " très bon guérisseur ", " très bonne protection".

 

 

 


Un plateau granitique à traverser par un chemin cahotique avec un paysage grandiose



Ce plateau n'est pas habité

 

DAFRA ET SES SACRIFICES

 

La zône de sacrifice de Dafra appartient à l'ethnie bobo. Le lieu est protégé par les gens du village et plus particulièrement un vieil homme qui reste sur place afin de veiller au bon déroulement des sacrifices. Plusieurs dizaines de personnes viennent au quotidien, sacrifier un poulet pour faire un voeu ou bien amener un mouton, une chèvre voire même un boeuf en remerciement du voeu exaucé. Certains viennent de loin (entre autre la Côte d'Ivoire) et ne sont pas de l'ethnie Bobo.

 

Ces sacrifices ont lieu en plein jour, jamais la nuit.  Chaque dernier vendredi du mois, l'endroit est fermé aux personnes qui n'habitent pas Dafra, c'est le jour où le village vient faire ses propres sacrifices.

 

L'endroit se trouve au bout d'un plateau granitique très sauvage d'où on a une belle vue sur la plaine autour de Bobo Dioulasso. La zône de sacrifice se trouve très encaissée dans le plateau et forme un défilé étroit et profond provoqué par l'érosion des roches grâce à l'eau des bassins.

Ce défilé est accessible par un sentier accidenté et raide. L'endroit est protégé du soleil par des parois rocheuses. Deux bassins naturels d'eau semi stagnante amènent une fraîcheur étonnante pour cette région. L'eau est alimentée par un petit cours d'eau qui permet à de nombreux poissons de vivre dans cette eau trouble.  On y trouve  des sardines mais surtout les silures sacrées dont le poids peut aller jusqu'à 17 kilos.

 


Un plateau stérile et un défilé verdoyant



Un défilé creusé par l'eau, des dizaines de personnes au quotidien viennent faire des sacrifices,
pour un voeu ou pour remercier comme en témoignent ces peaux de mouton


 

 

DEROULEMENT D'UN SACRIFICE

 

A Bobo Dioulasso, il convient d'acheter un poulet et d'amener une bouteille de Dolo.
Dafra se trouve 9 à 10 km au nord de Bobo par une pistse particulièrement accidentée ; dans la zône du village, il faut veiller à embarquer en voiture un des  villageois de Dafra, seuls habilités à faire un sacrifice.

 

A la dernière concession, on laisse voiture ou moto ; il est en effet impossible de continuer autrement qu'à pied. Les véhicules sont gardés par les habitants de la concession.

Après plus d'un kilomètre de marche sur le plateau, commence la descente vers le défilé ; le villageois marche devant ; il frappe sur les arbres en criant " Dafra Dafra Dako Dako ", il appelle en fait les génies en criant " des étrangers arrivent ". Au fut et à mesure de la descente, il insiste en criant " Dafra Dako Kabena " : " pardon ! il faut partir, les étrangers sont là ".

Au fond du défilé, il faut quitter ses habits rouges si on en est vêtu : un vieil homme monte calmement la garde.  On se déchausse pour marcher pieds nus jusqu'au fétiche dont l'autel se trouve au fond du défilé, autel recouvert de duvets et de plumes.
Le sacrificateur vous tend le poulet afin de faire un voeu puis lui incise le cou et le jette au sol. Si le poulet se débat et tombe sur le dos, le villageois fait signe que le voeu a été reçu. S'il ne se débat pas, c'est alors mauvais signe, le voeu ne peut être exaucé.
Il faut alors égorger le poulet sur l'autel du fétiche avant de le plumer. Les plumes et duvets sont laissés sur l'autel.
Le poulet est vidé plus loin pour récupérer les entrailles.

Le dolo est versé en partie sur l'autel, car il faut expliquer au fétiche ce qu'on attend de lui.

 

Les entrailles sont emmenées jusqu'à un bassin en contrebas où vivent les silures sacrées. Le sacrificateur s'approche de l'eau en tenant les entrailles à la main. Il crie alors " Dafra Canatwo ! " afin d'inciter les silures à venir manger les entrailles du poulet sacrifié. Si les silures mangent les intestins, alors on sait que le voeu sera exaucé.
Ces silures sont sacrées ; lorsque l'une d'entre elles meurt, elle a droit à des funérailles et est enterrée comme un être humain.

 

Il faudra alors revenir un an après avec un mouton, une chèvre ou un boeuf qui sera sacrifié sur place en remerciement

 


Le deuxième bassin où l'eau est un peu moins trouble

 

PRINCIPE DU SACRIFICE

 

Le sacrifice consiste à demander à un fétiche d'intervenir pour régler un problème grave. On honore alors le fétiche en lui offrant poulet, dolo ..
De nombreux voeux concernent des personnes malades soit physiquement soit des personnes suspectées d'avoir été envoûtées. Les offrandes sont alors différentes : les personnes peuvent amener du lait, ou du karité, elles vont alors poser le karité sur le granit avant d'en récupérer une partie et le mêler à de l'eau trouble des bassins.
S'il s'agit du karité, on va en enduire le malade jusqu'à guérison. S'il s'agit du lait, le malade en boira un peu tous les jours jusqu'à guérison.

 

Il est important de venir remercier le fétiche, sinon le voeu risque de disparaître : perdre le travail qu'on venait de trouver, voir mourir l'enfant qu'on appelait de ses voeux ....

 

Les demandes sont assez variables (même si la maladie d'un proche reste la demande la plus importante) mais on y trouve également le désir d'enfant ou la recherche d'un travail.

Les demandeurs ne sont pas forcément tous des animistes, il n'est pas rare d'y rencontrer des personnes avec une croix ou une médaille autour du cou.

 


Des silures qui peuvent atteindre 17 kg

 


Chemin du retour : sortir du défilé

 

Trouver un guide :

 

- Sanfo Daouda est chauffeur guide diplomé à Bobo : site internet - courriel :  sanfo_daouda@yahoo.fr

 

EN SAVOIR PLUS

 

- Quand les poissons se dressent entre les hommes et dieu

(Photos : A. Chalamon et H. Martin)