Consulat du Burkina Faso de Nice

Djanérès - Mission 2012

samedi 25 août 2012

REHABILITATION DE POMPES A EAU
 


 

En mai 2012, lors du précédent séjour à Tiébélé, le collectif Djanérès avait constaté que beaucoup de points d'eau étaient hors d'usage : les pompes sont trop vieilles, les mécanismes usés, les pièces introuvables, le coût de remise en service exhorbitant.

Peu après le retour en France, le collectif apprend que l'un des derniers points d'eau en service, situé à proximité du centre de vie Corabier, avait lui aussi cédé. Cette situation parut intolérable : comment accepter l'idée que ces femmes et ces enfants fassent des kilomètres à pied en portant de lourds bidons d'eau après une dure journée de travail ?
La décision fut prise immédiatement d'axer la mission 2012 sur la réparation au moins d'une pompe.

Un "Noël solidaire" a été organisé avec la composition de paquets cadeaux contenant 2 savons de karité et un pot de baume de karité pour 10 euros. Ces produits provenaient de Ouagadougou fabriqués par l'association ABASF/E qui créé des activités génératrices de revenus pour femmes en grande difficulté. Par ailleurs, la chorale " Fenêtre sur cour " a contacté le collectif afin d'organiser un concert solidaire sous le titre " Sauvons un puits de plus à Tiébélé ". Les deux activités ont permis de réunir une somme permettant au moins de réhabitliter le puits du village de Corabier.
 

 


A l'arrivée à Tiébélé, le collectif rencontre l'artisan et s'assure de la bonne arrivée de la pompe. Petite déception : la pompe est bien arrivée mais le devis n'intègre pas le montage sur place : il a fallu le négocier et amener le matériel à Tiébélé par triporteur.
Rencontre avec l'association locale Djawolim pour remettre des cadeaux et découvrir une bonne surprise : un Comité de Gestion de l'Eau a déjà été formé avec 6 femmes et un homme chargés de collecter une participation financière de 100 francs par mois et par famille, permettant ainsi de sensibiliser la population à la nécessité de préserver et entretenir le matériel.
 

 

 

Le jour de l'intervention, les notables sont sortis ; le collectif présente le matériel pendant que l'ancienne pompe est démontée.  Toutes les personnes présentes participent : on porte, on dévisse, on visse, on graisse, on rit ....les tubes neufs descendent un à un au fond du forage .... Enfin la pompe est fixée... quelques secondes d'un silence profond puis un courageux s'empare du bras et pompe. Une, deux, trois et l'eau coule ..... sous les éclats de rire des enfants et des cris de joie des femmes présentes.
Les femmes partagent le dolo pendant que les enfants récupèrent les anciennes pièces de la pompe ; l'ambiance est à la fête.

 

 

Le collectif Djanérès se réunit avec l'association Djawolim afin de faire le point des urgences. 
A 4 km de là, la pompe du village de Kassira est hors service depuis 7 ans. la pompe est du même type que celle qui vient d'être réparée. Des plans sont échaffaudés mais l'artisan met tout le monde en garde. Il peut éventuellement répertorier les pièces, les tuyaux récupérables mais le gros problème est qu'un forage non utilisé depuis si longtemps est forcément obstrué.  Il faut donc prévoir un soufflage, c'est à dire faire venir un camion équipé d'une machinerie spéciale. Ces camions sont rares dans le pays et leur intervention coûteuse.
Djanérès veut tenter et l'artisan promet de revenir le lendemain avec les renseignements.
La promesse est tenue et l'artisan revient le lendemain avec le devis du soufflage qui s'élève à 100 000 francs CFA. Un palabre débute pour la date d'intervention ; le Collectif Djanérès exigeant d'être présent.

 

 

Les femmes de la Cour Royale font une magnifique surprise. Le lendemain, dimanche après-midi, elles viennent envahir la cour de l'auberge pour faire la fête et remercier le collectif en leur présentant les membres du Comité de Gestion de l'Eau.

Quelques jours de battements avant la date de l'intervention pour le deuxième forage, permet au Collectif de visiter la réserve de Nazinga ainsi qu'une école dont l'instituteur est membre de l'association Djawolim. Le Collectif remarque les conditions très difficiles de l'enseignement dans cette école.
Djanérès en profite également pour organiser des travaux manuels et prennent un cours d'initiation aux " Tapas " : peinture sur tissu reprenant les différents symboles utilisés pour la décoration des cases dans la culture Kassena.

 

 

Le jour J, le camion de soufflage est à l'heure. La pompe est en partie démontée, le tuyau relié au camion est engouffré dans le forage et sous la pression de l'air, une eau boueuse est rejetée. L'opération durera jusqu'à ce que l'eau jaillisse puissamment et qu'elle soit jugée suffisamment limpide.
Pendant la durée des opérations,  un homme vient se présenter. Il explique qu'un Comité de Gestion de l'Eau a été créé, mais que, dans cette zone exclusivement rura, il est impossible de demander une participation financière aux familles. Le Comité, constitué de 4 femmes et lui-même, a trouvé une solution : chaque famille donnera chaque mois un plat de céréales soit 4 kg. Les céréales seront vendues par les femmes du Comité et les recettes iront alimenter le compte.

Le lendemain : la pompe peut être remontée. Le corps de la pompe de Corabier, les pièces de la pompe de Kassira, les tuyaux d'ici et là-bas, quelques pièces neuves ajoutées, beaucoup de sueur et de ténacité de la part de l'artisan et l'eau rejaillira pour tous dans un nouvel élan d'euphorie.

 

 

Djanérès est allé rendre visite aux arbres plantés en mai 2011. Malgré le manque de pluie du dernier hivernage, la chaleur et l'harmattan, seuls 6 plants sur 100 n'ont pas tenu le coup. Ce miracle est surtout dû à la lutte incessante des paysans du coin qui n'ont pas hésité à faire des kilomètres pour venir arroser "leurs" arbres.

Le Chef de terre demande une audience et vient plaider pour son village de Poussongo de 600 âmes qui ne possède aucun puits. Malheureusement, un forage coûte très cher, nettement plus cher que les possibilités du  collectif... Que dire ?
Néanmoins il reste de l'argent en caisse et une dernière réunion se tient entre Djanérès et Djawolim. Un troisième puits en panne est choisi à Kampala - Ecole de Badongo. Le devis est signé, les poignées de mains serrées, l'argent est confié à une tierce personne devant témoin à la condition que la pompe soit réparée d'ici la fin du mois de février.

 

Djanérès est rentré fin janvier ; fin février la pompe était réparée... laissant le collectif avec toutes les questions concernant les autres pompes en panne.
Mais la vie a repris autour des puits ..... !

(Photos collectif Djanérès)

 

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