Consulat du Burkina Faso de Nice

Guerre Dingue

lundi 24 août 2015

GUERRE DINGUE (prononcer : Guérré Dinngué")
La grotte est ouverte au public
Lieu : Diébougou
prendre un chemin à droite à l'embranchement vers la route de Bobo Dioulasso
La grotte est gérée par une association locale APROTOUR/PAC


Ouvert toute l'année de 8h00 à 18h00
Visite guidée avec entrée payante : 1000 fr pour les Burkinabè, 2500 frs pour les étrangers
- Renseignements : 70 25 77 23 - 70 05 95 76
Courriel : dakianous@yahoo.fr

 

 

Cette grotte n'est pas naturelle, elle a été creusée par les habitants sous les ordres de l'armée française lors de la colonisation afin de se protéger des Lobi.
Commencée en 1900, elle a été opérationnelle en 1914.

 

Guerré Dingué vient du mot français "la guerre" et du mot dioula "dingué"  qui signifie "le trou". Autrefois appelée "la grotte militaire de Diebougou", les anciens l'ont vite surnommée "le trou de la guerre" : "Guerre dingue".

Il s'agit ni plus ni moins d'un bunker construit sous une colline boisée. Abandonnée pendant longtemps, elle a été réaménagée en 1992. Elle est désormais ouverte au public.

La grotte se compose de multiples galeries qui ne sont pas toutes déblayées. Elle est construite autour de 3 galeries principales et 5 compartiments.  Actuellement on peut visiter 7 galeries dont trois se terminent par un cul de sac qui servaient à l'entrepôt des armes et des munitions. (dans l'un de ces cul de sac vivent actuellements deux crocodiles).
Les galeries de traverse servaient de postes aux sentinelles avec un coin pour dormir.

Les galeries principales se croisent en un centre ouvert par le toit, formant ainsi un puits de lumière qui amène toute l'aération. Un toit a été installé il y a quelques années afin d'éviter que la pluie ne tombe dans la grotte.

La plus grande galerie - réservée aux officiers - débouche sur une sortie discrète, actuellement fermée avec une grille.
Les différents accès sont tous placés vers le côté escarpé de la colline (formant un arc de cercle), en effet le sommet de la colline se termine par un plateau qu'il a fallu aménager différemment pour des raisons de sécurité.

 

Le sol est légèrement incliné pour favoriser l'écoulement de l'eau de pluie, mais il a tendance à s'ensabler. L'association chargée du site veut reconstituer l'écoulement naturel des eaux en recreusant les galeries.
 

Dans les années 90, des projecteurs avaient été installés dans les galeries, mais ils ont été très vite vandalisés et les trous pour les installer ont abîmé les murs. Des racines s'infiltrent dans les failes des murs ; les tentatives de colmatage avec du ciment ne sont guère concluantes pour l'instant.

 

 

 


l'escalier pour grimper à l'entrée principale de la grotte

 


Les galeries sont très étroites , il est difficile de s'y croiser

 


De nombreuses chauve-souris nichent dans les galeries.
Ici on observe une des sorties secondaires, maintenant fermées par des grilles

 

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Centre de la grotte avec croisement de 4 galeries principales
Ce puits amène la lumière et l'aération nécessaire

 

Une dizaine de marches construites à l'extérieur de la grotte permet d'accéder au sommet de la colline qui se présente sous la forme d'un plateau. Actuellement on y trouve le toit qui recouvre le puits de lumière de la grotte et un bâtiment destiné à devenir un débit de boisson.

 

Au fond du plateau, les militaires ont voulu éviter les incursions en faisant creuser une large tranchée avec des niches étroites creusées dos à la pente douce afin d'y placer des sentinelles. Certaines d'entre elles ne sont pas encore déblayées.
Du haut de ce plateau, la vue porte sur toute la campagne environnante.
Derrière la tranchée, une carrière de latérite est en cours d'exploitation, que la mairie freine un peu afin qu'ils n'abîment pas le site.

 


Les marches pour acccéder au plateau et le toit sur le puits de lumière

 


La grande tranchée avec les multiples alvéoles afin de surprendre l'ennemi par l'arrière

 

Au pied de la colline s'étend un parc arboré surnommé "le jardin du commandant " il est traversé d'un  petit  cours d'eau naturel. Planté à la demande de l'officier commandant la garnison, il se compose d'essences locales : rôniers, kapokiers, manguiers.. Ces arbres ont maintenant 100 ans et sont soigneusement entretenus.

Certaines zônes du bois sont sacrées ; il y vivrait un grand boa qui ne sort que très tard dans la nuit.

 

 

Il est question de développer le site pour en faire un pôle touristique ; une auberge existe déjà à proximité. Il est question également de développer une pépinière pour le reboisement du jardin.

 

(Photos A. Chalamon)