Consulat du Burkina Faso de Nice

Histoire du Burkina Faso

mardi 21 juillet 2015

 

 

L'histoire du Burkina Faso est riche mais essentiellement basée sur l'oralité (l'écriture a été introduite par le colonisateur), par ailleurs, l'intérêt pour la recherche archéologique dans cette partie de l'Afrique est assez récent (1975) : il est donc assez difficile de bâtir une chronologie précise des évènements historiques qui ont jalonné les siècles passés.

Les vestiges les plus anciens se trouvent surtout dans la région de Bobo Dioulasso, Gaoua et Banfora (où l'on trouve du matériel lithique en quantité) mais également au Yatenga. La plupart des outils agricoles anciens qui ont été découverts, sont toujours utulisés de nos jours.
On trouve également des monuments (plus ou moins en ruines), des peintures rupestres, des abris sous roche et des mégalithes. Dans certains lieux (comme Aribinda), les dessins rupestres mettent en évidence des cavaliers munis d'armes blanches et des animaux.

Parmi ces vestiges, des ruines posent une énigme loin d'être résolue : il s'agit des ruines de Loropeni (Province du Poni, Sud-Ouest du Burkina Faso, à cheval entre le pays Lobi et le royaume Gan). Elles remonteraient à une période antérieure au XVIème siècle. Toutes les suppositions ont été évoquées quant à la fonctrion de ces ruines (palais ? enclos pour esclaves ?) sans pouvoir trancher pour l'une ou l'autre.
Des campagnes de fouilles ont été entreprises en 2008 et les ruines ont été classées au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 2009.

 


 

LES ROYAUMES MOSSE
 

Le Burkina Faso a connu une grande multiplicité de royaumes et de civilisations variées. Le royaume le plus connu est l'empire Mosse que la tradition fait remonter entre le XIème et le XIIème siècle au Nord de l'actuel Ghana. Les dynasties du nord se réclament toutes de Ouedraogo, petit fils de Nédéga par la princesse Yennenga et le chasseur Mandé Riale. Ce souverain fixe le centre de son pouvoir à Tenkodogo en pays Bousancé.
Ouedraogo eut trois fils : Diaba, Zougrana et Raoua. Il confia à chacun une des provinces de son empire. Oubri, petit-fils de Ouedraogo, jetait les bases du Natenga, le grand empire de Ouagadougou et Yadega fondait le Yatenga près de la vallée du Niger et des falaises Dogon.

 


  1. Le royaume Mosse de Ouagadougou. Ce royaume s'appelle " Morho" et ses habitants les "mosse". Leur chef s'appelle le "Morho Naba" (ou "Mogho Naaba") ce qui veut dire "chef " en mooré. Il vivra à Ouagadougou à partir du XVIème siècle. Il y vit toujours avec sa cour. Ce royaume a été fondé par Oubri, petit fils de Ouédraogo vers 1050.
     

  2. Le royaume mosse du Yatenga. Il aurait été constitué par Raoua, fils d'Ouedraogo mais c'est un certain Yadega (Yatenga se traduit par "la terre de ya") qui va réellement donner au royaume ses lettres de noblesse. A sa mort en 1200, le Yatenga comprend trois provinces mosse. Ce royaume a eu plusieurs capitales dont la dernière est Ouahigouya. Ce royaume sera connu pour ses expéditions guerrières et ses pillages ; ainsi le sac de Tombouctou en 1333 et le pillage de Oualata en 1480. Ce sont d'ailleurs ces pillages qui firent connaître ce royaume aux Européens durant le XVème siècle. En effet, ces razzias préoccupant l'empereur du Mali, poussèrent celui-ci à demander aux portugais (qui avaient alors un comptoir sur l'Atlantique) à les défendre contre ces pillards. Plusieurs chefs de guerre se succédèrent à la tête du Yatenga mais à la fin du XIXème siècle, des conflits dynastiques se transformeront en guerre civile qui faciliteront l'intrusion de la France dans ce secteur.
     

  3. Le royaume Mosse de Fada N'Gourma. Il a été fondé par Diaba Lompo vers 1204. C'est l'empire des Gourmantché. Le chef s'appelle le "Mbaro". Bien que se disant Moaga, ce royaume devint rapidement indépendant. Vers la fin du XVIIIème siècle, l'autorité des souverains fut battue en brèche et des luttes intestines fréquentes entre l'empereur et ses vassaux poussèrent ceux-ci à la sécession. Le dernier Mbaro du Gourma mourut en 1911 et n'eut pas de successeur.

 

 

LES ETATS SECONDAIRES
 

D'autres royaumes moins importants ont vu le jour, certains de façon éphémère. Parmi eux :

 


  1. La principauté Dioula de Loto qui exista pendant tout le XIXème siècle. Elle prit fin en 1898 quand le colonisateur ravala le dernier roi au rang de simple notable.
     

  2. La principauté Soninke de Ouahabou (dans la boucle de la Volta Noire)
     

  3. La principauté Peule de Barani qui n'exista que durant le XIXème siècle.
     

  4. La principauté Djermabé de Sati en pays Gourounga. On ne sait pas grand chose de ses origines mais au cours du XIXème siècle, cette principauté fut ravagée par des razzias et des guerres fratricides auxquelles les français mirent fin vers 1898.
     

  5. L'empire Dioula des Ouattara, royaume sur les rives du Niger appelé également Guiriko. Il s'étendit dès le XVIIIème siècle autour de Bobo Dioulasso. Cet empire, trop disparate et trop étendu, se décomposa et disparut vers 1900.
     

  6. Le royaume de Liptako au Nord-Est du Burkina Faso. Ce royaume ancien remonterait au XVème siècle, il changea fréquemment de mains (Mosse, Gourmantché, Peul...) avant de devenir un émirat Peul en 1817.
     

  7. Le royaume Gan ( Sud-Ouest du Burkina Faso, à cheval entre le Burkina et le Ghana), fondé au XVème siècle, ce royaume revendique 20 000 sujets. Le roi Gan règne toujours et vit au village d'Obiré (Province du Poni), connu pour ses tombeaux de rois où le corps est représenté assis sous forme de statue en terre crue.

     

Le roi Gan et Obire en 2006

 

 

 

LA COLONISATION

 

  1. Les premiers explorateurs vont visiter la Haute-Volta à partir du XIXème siècle. Le premier connu est l'écossais Mungo Park en 1806. Il faut attendre l'Allemand Berth en 1853 pour avoir un récit plus précis. Celui-ci séjourna à Say. Mais c'est en 1886 que l'Allemand Krauss atteint Ouagadougou et donnera un tracé initial du cours de la Volta. La première personne à avoir exploré réellement le pays Mosse est le lieutenant Bonger. Parti de Bamako en juillet 1887, il est reçu l'année suivante à Ouagadougou par le Mogho Naaba Sanon.
    En 1891, le capitaine Monteil va traverser la boucle du Niger d'Ouest en Est. Il passera par San et Bobo Dioulasso avant de parvenir à Dori. D'autres explorateurs vont le suivre comme le commandant Decoeur, le docteur Gruner, le lieutenant Van Carnap, Alby et le capitaine Destenave.
     

  2. Les conquérants français arrivent entre 1891 et 1901. ils vont se heurter aux royaumes du Centre et de l'Est mais la plupart de ces royaumes étaient en pleine déliquescence. Ils plièrent rapidement et signèrent les uns après les autres, des traités de protectorat. Les Français se trouvaient devant des civilisations très différentes, ils vont alors imposer leur ordre sans détruire celui qu'ils remplaçaient : deux visions du monde très opposées vont alors cohabiter en Haute-Volta.
    Par contre, les colonisateurs vont rencontrer nettement plus de problèmes avec la soumission d'ethnies inorganisées : les Samo, les Bobos et les Lobis. En 1901, tous les foyers de rebellion étaient à peu près réglés.
    La majeure partie du pays passa sous administration civile à partir de 1909 (jusqu'à 1930 en pays Lobi). Le 1er mars 1919, le territoire de la Haute-Volta passa sous la coupe de l'AOF (Afrique Occidentale Française). En 1932, le pays est démantelé : le Soudan (futur Mali) récupère le Yatenga et le Nord-Ouest du Pays. Le Niger récupère le Liptako et l'Udalan. Tout le reste deviendra la " Haute Côte d'Ivoire ".
    4 septembre 1947 : l'Assemblée Nationale Française ressuscite la Haute-Volta comme entité propre, classée comme " Territoire d'Outremer ".
     

  3. L'administration est alors dirigée depuis Ouagadougou. Les colonisateurs vont redécouper les cantons, dépossédant ainsi les chefs traditionnels de leurs vastes territoires. La centralisation du pouvoir va contribuer à désintégrer la structure traditionnelle de l'autorité. Ainsi le pouvoir du Mogho Naaba va devenir plus spirituel que temporel. Néanmoins les différents chefs indigènes seront très utiles aux colonisateurs pour servir de relais auprès du peuple. L'Eglise va s'implanter dans les coins les plus reculés en construisant des écoles et des églises, contribuant ainsi à désacraliser les chefferies. L'introduction de l'économie monétaire et de l'instruction scolaire vont provoquer de nombreux bouleversements dans les coutumes traditionnelles.

Le Burkina Faso contemporain, voir page suivante

 

SOURCES et BIBLIOGRAPHIE


 


  1. De la Haute Volta au Burkina Faso, Marc Aicardi de Saint-Paul, ed. Albatros 1993

  2. Burkina Faso, Jean-Claude Klotchkoff et Mureil Devey, ed. du Jaguar 2005

  3. Sources internet

  4. Conférence : Les survivances du passé au Burkina Faso : Hamidou Tamoura

     
  5. Le recensement chez les Lobi dans la politique coloniale

Egalement...