Consulat du Burkina Faso de Nice

Palais royal et musée Rayimi

samedi 18 février 2017

PALAIS ROYAL et MUSEE RAYIMI
Issouka (Koudougou)
Musée privé géré par la Fondation Rayimi
Adresse postale : BP 443 Koudougou, Burkina Faso
Tel. (+ 226) 25 44 10 37
Courriel : sitemaasme@gmail.com,
Site internet : www.rayimi.org
Conservateur : Patrick Rossi

Tarif de la visite : 2000 francs (3 euros)
 

 

 

Le Palais et le Musée Rayimi se trouvent à Issouka, quartier à l'origine de la ville de Koudougou et qui veut dire :"la case du milieu". Le Naaba a donné le nom de "Maasme" a sa cours, ce qui indique un endroit où il y a de l'ombre, où on peut trouver une atmosphère apaisante, et réconfortante.

 

Créé sur la volonté du Naaba Saaga 1er, le musée est géré par une association devenue Fondation en 2013, placé sous la responsabilité d'un conservateur : Patrick Rossi.

 

 

 

Le Palais Royal est construit en banco suivant la technique de la Voute Nubienne. Il est constitué de 12 voûtes sur 300 mètres carré et deux niveaux ; 10 voûtes au rez-de-chaussée et 2 à l'étage. Il reste encore des travaux pour finir d'aménager le bâtiment.


On entre dans le palais par une tour ronde qui s'ouvre sur le couloir de la paix bâti en 2010 (celui-ci sera décoré de portraits de personnes connues pour leur combat pour la paix)
A gauche ; une voûte est destinée au Naaba : un bureau, une salle d'audience privée et un espace confidentiel.
A droite: la salle principale du bâtiment qui sert pour les audiences. C'est le lieu protocolaire où le chef ne s'exprime qu'en moore.

La voûte suivant est une salle de conférence appelé "Salle des Rois" afin de rappeler les différents royaumes Mosse.

Les voûtes suivantes abritent différentes salles ou chambres dont la "Salle des mots perdus" où le Naaba reçoit les personnes qui souhaitent l'entretenir d'un problème précis.

L'étage va abriter un centre de documentation et une terrasse de 185 mètres2.

 


La porte d'entrée du palais, à droite le palais tel qu'il était avant la construction actuelle

 

La salle des audiences avec détail de la fresque du fond

Les fresques latérales de la salle d'audience

 

A l'arrière du palais ; le Naaba Saaga 1er a bâti une cour avec la volonté de faire de la cour royale un lieu de culture. Elle est constituée d'une coupole sur une estrade, entourée de 12 colonnes. Elle sert aux fêtes traditionnelles, dont une - Na-Baasga - se déroule lors du week-end proche du 8 mars où le chef délivre un message à la population d'Issouka.
L'esplanade est entourée de deux lions et bordée de panneaux représentants l'histoire de la famille royale d'Issouka d'un côté et de l'autre le voyage de Bassanga entre Pèlla et Koudougou.

 

L'esplanade des fêtes traditionnelles


Les lions qui bordent l'esplanade, à droite Bassanga se dissout au pied d'un arbre

 

 

 

Le musée Rayimi ("N'oublie pas" en langue moore) est attenant au Palais Royal dont il dépend.

Inauguré le 17 juillet 2010, il est né d'une rencontre en France entre le Naaba Saaga 1er et Mr de Beauminy, fils du premier commandant de cercle de Koudougou. Ce dernier va faire don d'un ensemble de documents des années 1920. Un autre don est venu de la Société des Missionnaires d'Afrique (les Pères Blancs) qui a envoyé écrits et photos depuis leur Maison Mère à Rome. Une première exposition a pu ainsi se dérouler ce 17 juillet 2010.

Trois autres salles d'exposition présentent des séries d'objets regroupés par thèmes : masques, armes, instruments de musique, salle du coton et métier à tisser .....

 

 


Le fonds photographique exposé dans la première salle

 


Bracelets traditionnels en bronze - à droite la salle du coton récemment ouverte



Collection de masques

 

 

HISTOIRE D'ORIGINE

 

Deux frères vivaient à Pèlla (Ghana), l'aîné appelé Bassanga quitta le village à la suite d'une violente dispute où il fut traité à tort de menteur et voleur.. Parti avec toute sa famille, il erra sur une route jalonnée de dangers : fauves, génies, habitants hostiles...
Jusqu'au jour où - sur le point de mourir de soif - Bassanga vit un iguane qui le mena jusqu'à une mare : le Bulkiemdé ("le grand puits"). Tous purent s'abreuver et Bassanga décida d'installer sa famille autour du marigot dont il fit le premier lieu d'habitation de Koudougou, le village d'Issouka. Il fit de l'iguane un totem pour lui et ses descendants.

 

Au soir de sa vie, Bassanga se sentant mourir, appela un enfant pour qu'il soit témoin de la scène. Bassanga s'installa sous un arbre et disparut, se dissolvant dans la terre. Lorsqu'il eût entièrement disparu, son baton qu'il tenait à la main dépassa du sol et se mit à pousser. Il devint un baobab qui est devenu l'emblème Koudougou.
On dit que le bruit des abeilles qui volent dans le baobab n'est en fait que les génies qui veillent sur l'âme de Bassanga.

 


La meule pour écraser la farine, reconstituée dans le jardin

 

UN MUSEE EN EVOLUTION

 

Les projets du musée sont nombreux ; outre acheter d'autres objets à présenter en exposition, le Musée Rayimi s'attache à travailler en collaboration avec l'université de Koudougou (essentiellement les sections Histoire et Littérature) pour des chantiers ou des recherches sur les origines de Koudougou.

 

La salle du premier étage du Palais doit devenir un centre documentaire avec archives, connexion internet, abonnements divers...... qui serait ouvert au public et aux chercheurs. La Fondation Rayimi est en recherche de fonds et de partenariat pour parvenir à ses fins.

 

DERNIERES NOUVELLES

 

- Exposition temporaire au Musée Rayimi de Salfo Derme février 2017

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

- Naaba Baasga 1er prêche le message de la cohésion

- 10 ans de chefferie au service de la population

- Modeste Yameogo dit Naaba Saaga 1er de Issouka

 

 

 

 

Article réalisé avec Patrick Rossi, conservateur du Musée et rédacteur de plusieurs fascicules sur le sujet.

(Photos : A. Chalamon - P. Rossi)