Consulat du Burkina Faso de Nice

La natte traditionnelle

mercredi 29 août 2012

LA NATTE TRADITIONNELLE DAGARA
 

La natte traditionnelle dagara, dans le Sud-Ouest du Burkina Faso présente une forme non pas rectangulaire mais d'éventail.
Les formes rectangulaires tissées sont réservées pour l'étranger ou bien pour l'accouchement.
La fabrication d'une natte traditionnelle requiert trois matériaux :


  1. Une longue aiguille plate spécialement fabriquée pour les nattes ; appelée " Saon pii " en dagara
  2. Des longues tiges roseaux
  3. Une cordelette appelée "Saon-miour" en dagara

Les tiges de roseaux sont les mêmes fibres qu'on utilise pour la fabrication des paniers dagara., elles sont beaucoup par contre plus longues (deux mètres environ)

La cordelette est entièrement fabriquée à la main ; elle est tirée d'une herbe à fibres de grande taille qui s'apparente à l'oseille. L'herbe récoltée est mise dans l'eau pour l'assouplir, l'écorce est retirée et la fibre est roulée sur la jambe pour l'affiner. On peut alors tresser plusieurs ficelles pour obtenir une cordelette très solide.

L'assemblage de la natte s'opère en perçant les roseaux avec l'aiguille en fer afin d'y passer la cordelette Saon miour

Cette forme curieuse d'éventail présente un aspect très pratique ; la mère se couche avec son bébé avec la tête sur le côté le plus large (les pied sur le côté le plus étroit) ; la natte est alors repliée sur elle, la mettant à l'abri des insectes et de la poussière.

 


Une natte en forme d'éventail ; les tiges de roseaux sont placées les unes à côté des autres. sur la photo de droite : la cordelette et l'aiguille



La fibre est trempée dans l'eau pour l'assouplir, l'écorce est enlevée puis la tige est roulée sur la jambe pour l'affiner



Les roseaux sont percés dans le sens de la largeur pour faire passer la cordelette tressée



La mère et l'enfant sont placés la tête vers le côté le plus large, la natte est alors repliée.

 

L'aiguille comme la natte traditionnelle a une fonction plurielle. L'aiguille sert à tisser les nattes mais également à enfiler la culotte traditionnelle qui accompagne tout homme Dagara décédé à sa dernière demeure. Ainsi le mort - après son dernier bain donné par les fossoyeurs - est assis sur sa natte. Cette natte est ensuite déposée dans la tombe du défunt pour qu'il puisse l'utiliser dans son nouveau royaume.

La fabrication des nattes n'est pas un métier à temps plein, mais une activité saisonnière pour les femmes d'un âge avancé qu'on l'appelle alors " Saôn - wob - ré " (celle qui fait la natte)

 

 


Avec le Groupement des Femmes de l'association AMEED
Pour les contacter :
Site Internet : http://www.ameedforoteon.com
Responsable : Alain Kpoda
mail : kpodalainyy@yahoo.fr
Tel :00 226 - 70 26 93 43
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