Consulat du Burkina Faso de Nice

Fabrication des paniers chez les Dagara

lundi 17 août 2015

La vannerie est un artisanat répandu chez les femmes au Burkina Faso ; dans certaines ethnies chaque femme doit savoir fabriquer les paniers suivant ses besoins. Le pays Dagara (Région Sud-Ouest du Burkina Faso) ne déroge pas à cette habitude, même si certaines femmes en font leur métier.

Le panier Dagara est carré ou rectangulaire, il est fabriqué avec des tiges d'une variété de roseaux qu'on surnomme " le batonnet " car c'est le même végétal - droit et dur - qui sert en classe pour apprendre aux enfants à compter les dizaines, mais également à fabriquer certains instruments de musique. En langue Dagara ce roseau s'appelle "moor" - prononcer mourr - (pluriel : mié) il en existe plusieurs sortes, donnant des paniers aux nuances différentes du jaune clair au rosé.

Les fibres qui servent à lier le panier sont composées de lianes ("ôôr biguê" en dagara) cueillies en brousse sur un arbre qui pousse à l'état sauvage ( en Dagara " ôôr tiê"). Ces lianes sont ensuite divisées en deux et mise dans de l'eau. Mais également les femmes se servent de ficelles de couleurs synthétiques récupérées sur les sacs tissés servant au transport des céréales.
Avant l'utilisation des tiges de roseaux ou des fibres de lianes, celles-ci sont mouillées dans la boue au bord des marigots pendant 24 heures pour le roseau et 72 heures pour les lianes, afin de donner une flexibilité et une durabilité propice à la solidité des paniers. Lorsque les lianes sont extraites de la boue, il convient d'en gratter l'intérieur pour en conserver toute la qualité

Ces paniers peuvent avoir toutes les tailles ; du plus petit (que l'on retrouve dans les maquis (bar) pour donner la facture) jusqu'à 1,50 mètre de côté. Ils peuvent être placés sur le toit pour stocker le grain, ou bien dans la maison pour ranger les habits, ou bien encore - de forme rectangulaire - ils servent de berceau pour les nouveaux nés ; on recouvre alors le panier d'un couvercle tressé suivant la même technique.

 


Un sac de céréales est défait pour récupérer les ficelles de couleur.
puis la vannière prend des roseaux bien secs qu'elle coupe suivant la taille désirée du panier


 


Les roseaux sont attachés en deux parties qui se croisent en angle droit afin de former le carré du fond




Les bords du carré sont alors légèrement incisés de manière à relever les côtés





Les bords relevés délicatement ( sans risquer de les casser à la pliure) doivent être fixés avec une liane qu'on a laissé tremper dans de l'eau afin de conserver sa souplesse.




La liane va serrer le panier pour former le carré en hauteur, elle est fixée par les ficelles de couleur et sert souvent de prétexte à des motifs colorés.




Les lianes sont fixées souvent deux par deux ( et quelquefois plus pour les gros paniers) et à trois endroits différents : près du fond, au milieu et en haut du panier. La solidité du panier repose en grande partie sur ces lianes.




Chaque femme a ses motifs ; il n'y a pas de traditions précises sur le choix des couleurs ou des motifs qui sont tous géométriques. Pour passer la ficelle on se sert d'un crochet fin ou d'une grosse aiguille




Le haut du panier prend une forme légèrement arrondie, il est bordé de trois lianes épaisses fixées solidement sur le bord.




Suivant cette même technique, voici le couvercle (en dagara " pinpêlê") que l'on pose sur le berceau des nouveaux-nés afin de le protéger du soleil et des insectes

 

MEDIA

 

- La fabrication des paniers dans le sud-ouest

 


 


Article rédigé avec le Groupement des Femmes de l'association AMEED
Pour les contacter :
Site Internet : http://www.ameedforoteon.com
Responsable : Alain Kpoda
mail : kpodalainyy@yahoo.fr
Tel :00 226 - 70 26 93 43
Projet de construction d'école

Egalement...