Consulat du Burkina Faso de Nice

SOS Fille-Mère

jeudi 26 octobre 2017

SOS FILLE-MERE
Présidente : Clarisse Ilboudo
Adresse postale : S/C 01 BP 5588 Ouagadougou 01 Burkina Faso
tel. (00 226) 78 00 77 04 / 70 60 06 60
Courriel : ipclarisse@yahoo.fr ou sosfillesmeres@yahoo.fr
Site internet : http://sosfillesmeres.populus.org

Membre de l'association des Amis du Consulat du Burkina Faso de Nice

 

QUI SOMMES-NOUS ?

 

 

Depuis de nombreuses années, Clarisse Ilboudo intervenait de façon spontanée auprès de personnes nécessiteuses. En 2002, elle décide d'aider les filles de la rue à apprendre un métier manuel afin d'éviter la prostitution.

 

Le déclic a eu lieu en 2004 suite à un appel téléphonique en pleine nuit pour lui signaler la présence d'une jeune mineure dans un quartier chaud à une heure très tardive. Clarisse a pris contact avec la jeune fille - non sans difficultés.
Cette jeune fille avait 15 ans et demi ; elle était à la rue depuis 7 mois tout d'abord enceinte puis avec un bébé. Elle était logée depuis 4 mois chez une dame, elle-même prostituée (la seule qui avait accepté de l'accueillir) mais qui lui demandait de l'argent pour participer aux frais de la cohabitation.

Personne n'embauche une jeune fille avec son bébé (surtout si elle est bannie de sa famille), il ne lui restait plus que la prostitution afin d'assurer un revenu. Depuis un mois, elle partait toutes les nuits, confiant son bébé à un gardien d'immeuble qui mettait l'enfant sur un carton et ne lui rendait qu'au petit matin contre rétribution, avant qu'elle ne retourne chez sa logeuse.

 

Clarisse décide alors de la prendre chez elle, non sans mal car la logeuse-prostituée voyait dans cette jeune mineure une source de revenus. La jeune fille a pu apprendre un métier manuel puis se mettre à son compte avec un petit pécule de départ.

 

De bouche à oreille, Clarisse s'est retrouvée avec 6 jeunes mères avec leur bébé, dormant dans son garage à même le sol, puis 9 jeunes filles.. avant de décider de vendre son propre véhicule pour louer et rénover un local insalubre afin d'y loger tout ce monde.  L'idée est alors venue de créer une association afin de faire reconnaître officiellement cette activité sociale.

 

Les objectifs premiers de l'association étaient l'accueil de jour, la prise en charge psychologique et corporelle etc...  mais rapidement l'association s'est trouvée confrontée à un problème majeur ; l'après-midi les jeunes filles quittaient le centre avec leur bébé et allaient dormir dans des maisons abandonnées avec tous les risques que cela suppose : viol, agression, vol de bébé... Il a fallu donc envisager un accueil permanent afin de les sécuriser.
A l'annonce de cette nouvelle 98% des adhérents de l'association ont démissionné pour ne pas avoir à payer les frais de ces jeunes mères. Clarisse s'est retrouvée avec 52 personnes à sa charge. Son salaire personnel suffisait à peine à les faire manger une fois par jour.

 

 


Une partie du groupe des jeunes mamans

 

Le loyer de la maison rénovée était abordable, mais la communauté s'est trouvée très vite confrontée au voisinage qui voyait d'un très mauvais oeil la cohabitation avec ces jeunes mères bannies de leur famille. Plusieurs jeunes filles et leur enfant ont été agressés et blessés parfois grièvement.

 

Au bout de quelques années, le propriétaire a prié l'association de quitter les lieux sans délai.  Une autre maison a été trouvée dans l'urgence dans un quartier périphérique mais avec un loyer nettement plus élevé. Depuis quelques mois le nouveau propriétaire menace également le groupe de les mettre à la porte.

 

LE FONCTIONNEMENT

 

Le centre fonctionne avec 25 jeunes mères (chiffre maximum) et leur enfant. Soit 52 personnes à charge, sachant qu'il y a des jumeaux. La moitié est accueilli dans une famille d'accueil.

 

Malheureusement sur le plateau Mosse - société encore très traditionnelle - avoir une grossesse hors mariage est un acte condamnable puni par le bannissement définitif de la famille et de la société. 80% des jeunes mères sont musulmanes, toute de l'ethnie moaga et aucune ne parle français, pas plus qu'elles ne savent lire ou écrire.

 

Le centre a une vocation de réinsertion et de formation ; il faut donc éduquer, soigner et former ces jeunes femmes. Des cours d'alphabétisation sont organisés afin de leur apprendre à lire et écrire. Le centre dispose de métiers à tisser traditionnels, de machines à coudre (achetées par la responsable), et d'outillage pour fabriquer du savon provenant du CEAS grâce à la générosité d'une femme.

 


Sont également prévus : des cours de cuisine et d'éducation civique pour que ces femmes puissent se débrouiller dans la vie. Le placement en famille d'accueil est l'option que l'association a trouvé pour pallier au manque de logements mais également pour leur permettre de renouer avec la vie familiale. Ces placements sont gérés par l'association SOS Fille-Mère et ces familles reçoivent une compensation financière.

 

 


Tout pour apprendre un métier : machines à coudre, métier à tisser

 


Machines pour fabriquer du savon...
Les quelques effets que possèdent chaque mère sont soigneusement rangés
dans des chambres où elles dorment à plusieurs.
La cuisine actuelle ... au trois-quart vide !

 

ACTUALITE

 

La réalité du centre est très difficile ; les anciennes coutumes ont la vie dure et les jeunes femmes sont mal acceptées dans le quartier.
La présidente a frappé à toutes les portes : administration, politiques, religions, centre social ... en vain ! .

 

 

Tout l'outillage nécessaire à leur formation (machines à coudre, métier à tisser, machine à fabriquer du savon) est au chômage technique faute de pouvoir acheter de la matière première. Les cours d'alphabétisation sont remis à plus tard faute de moyens pour payer un enseignant.
 

 

 

Octobre 2014 : pour la première fois des enfants ont pu aller à l'école, non sans mal car les idées ont la vie dure

 


18 jeunes mères et 20 enfants
 

 

 


Clarisse, la présidente, au milieu du groupe

 

Octobre 2015. Un élan de solidarité par mail et sur facebook ont permis de récolter une certaine somme pour faire fasse aux dettes les plus criantes. Novembre 2015 : la parcelle est achetée, elle se trouve à Komsilga dans un village aux portes de Ouagadougou

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

- Visite au centre en novembre 2016 avec HAMAP

 

- Film : les enfants au centre janvier 2016

 

- Visite au centre en janvier 2016

 

(Photos : A. Chalamon et SOS fille-mère)