L'instruction au Burkina Faso est un enjeu gouvernemental important depuis plusieurs années. Hélas, les résultats sont encore très nettement insuffisants : abandon précoce de la scolarité, analphabétisme des parents, insuffisance du nombre d'écoles, collèges, professeurs.
Fin 2006 : la scolarité des 6-12 ans atteignait 52% des garçons et 44,7 % des filles. Pour les 13-16 ans, les chiffres chutent à 18,3 % pour les garçons et 13,3 % pour les filles. Pour en savoir plus
Le taux d'échec - essentiellement en zone rurale - serait dû à plusieurs facteurs. Les écoles restent payantes (pas toujours à la portée des familles paysannes), le manque d'écoles et d'enseignants provoque des classes surchargées (100 à 150 élèves dans le primaire), le manque de matériel scolaire empêche les élèves de travailler dans de bonnes conditions.
Un autre facteur a son importance : la scolarité se fait en français ( une des langues officielles du Pays), que beaucoup d'enfants ne parlent pas lorsqu'ils arrivent à l'école, langue que leurs parents ne parlent pas.
Plusieurs écoles - confrontées à ce problème - apprennent à lire aux élèves dans leur langue ethnique avant de passer petit à petit au français, mais il ne s'agit pour l'instant que d'une expérience.
L'apprentissage de la lecture et de l'écriture pour les adultes a progressé ces dernières années. Le gouvernement a sorti des ouvrages d'apprentissage dans les principales langues ethniques du pays. L'alphabétisation se fait en plein air avec un tableau et quelques craies. L'état tente de rattraper le retard des 70 % de personnes sans instructions.
Exemple : l'alphabétisation des peuls en fulfuldé
Une autre manière d'intéresser les enfants et les parents à la culture, consiste à créer des bibliothèques. Depuis 2006 un réseau national existe : le CENALAC. Un gros effort a été fait pour rendre ces bibliothèques accessibles à tous, y compris aux personnes illettrées ( par des jeux, TV avec documentaires...).
- Les bibliothèques
Voici quelques témoignages sur la vie quotidienne des élèves au Burkina.
Le problème de l'échec scolaire pousse de nombreuses structures à créer des filières professionnelles ; elles sont malheureusement encore trop peu nombres. En voici quelques exemples.
Il reste néanmoins un problème important : tous les enfants qui n'ont jamais été scolarisé (ou trop peu) et vont grossir la délinquance dans les villes. Ces enfants des rues sont exploités et vivent souvent dans des conditions très difficiles. Plusieurs structures tentent de leur venir en aide (dont les frères de la Sainte Famille) mais elles sont encore trop peu nombreuses.