Consulat du Burkina Faso de Nice

Le cheval au Burkina Faso

mardi 06 novembre 2018

 

 

 

Le cheval est omni présent dans la tradition et la culture du Burkina Faso. Accompagnant depuis toujours les chefs et leurs hommes, ce noble animal y occupe une place privilégiée.
Emblème national du pays et de son équipe de foot-ball " les Etalons", symbole du Festival de Cinéma le FESPACO ( le plus grand prix s'appelle "l'Etalon d'or"), personnage mythique des légendes (la princesse Yennenga) : il est présent dans une grande partie du pays.
On dit qu'il amène bonheur et protection à celui qui le possède, source de fierté et de respect pour son propriétaire.
On raconte qu'un cheval équivaut à la prise en charge de deux femmes !
Inhérent au Burkina Faso, le cheval fait ainsi partie intégrante du pays et de ses traditions, surtout dans la culture des Mosse.
 

 


Les armes du Burkina Faso et le logo du cinquantenaire

 

 

LE MYTHE FONDATEUR

Yennenga

C'était vers les années 1200, au royaume Dagomba des Mosse, situé au Nord du Ghana actuel et dont la capitale était Gambaga.
Le roi du Dagomba se nommait Nédéga. Son royaume qui était prospère, était sans cesse attaqué par les peuples voisins, principalement les Malinkés, qui habitaient plus au Sud. Mais le roi les combattaient avec acharnement et sortait toujours victorieux des batailles. Il était en effet formidablement aidé par sa fille Yennenga, une amazone extraordinaire. Elle vivait comme un homme, montait à cheval mieux que ses frères et même que les guerriers de son Père. Elle se servait admirablement de ses armes : elle foudroyait les ennemis de sa lance, les transperçait des flèches de son arc. On dit même que son arc portait deux flèches qui pouvaient tuer deux ennemis à la fois. C'était elle qui menait au combat les guerriers de son père.

La jeune Yennenga était si précieuse au peuple et à son père que celui-ci ne voulait pas la marier et la reine Napoko en souffrait beaucoup. Un jour, le royaume fut une fois de plus attaqué par les Malinkés. La princesse rassembla les guerriers et décida de contre-attaquer; elle parvint à capturer le chef des ennemis.
Sur le chemin du retour, le cheval de la princesse s'emballa et l'emmena jusqu'à la rivière Nakambé (Volta), un endroit inconnu de la princesse, très loin de Gambaga. L'affolement du cheval le conduisit dans la rivière ; à ce moment, un chasseur de fauve qui habitait non loin, accourut et sauva Yennenga. Il s'appelait Rialé. Ce dernier tomba sous le charme de la princesse. De leur union naquit un garçon qu'ils décidèrent de nommer Ouedraogo, ce qui signifie "cheval mâle", en souvenir du cheval qui permit leur rencontre. De retour dans le royaume Dagomba le roi les reçut à la cour.

Lorsque la princesse et Rialé demandèrent à quitter le royaume, le roi leur fit don de boeufs, moutons, chèvres ... et leur attribua plus de 300 sujets.

Ils se dirigèrent vers le sud du Burkina et fondèrent le royaume de Tenkodogo. Le Naaba Ouedraogo eut à son tour deux fils (des Nakomsé) : Naaba Rawa et Naaba Zoungrana.
Naaba Rawa se dirigea vers le Nord d'où il chassa les Dogons qui migrèrent vers le Mali et créa le royaume du Yatenga avec pour capitale Ouahigouya. Le second resta dans le royaume de son père et le consolida. Un cousin de Ouedraogo, Diaba Lompo, partit vers l'Est et créa le royaume du Gourma.
(texte d'après " l'Etalon de Yennenga")


 


Musée de Kaya

 

Plusieurs versions diffèrent dans les détails. D'après les uns Yennenga serait volontairement partie de chez son père, pour d'autres ; le cheval se serait emballé lors d'une razzia chez les Bousancé. La rencontre avec Rialé se serait faite en brousse et non dans une rivière etc...

La tradition voulait qu'à chaque disparition du Naaba de Ouagadougou : on sacrifiait une de ses femmes et des chevaux, pour l'âme de Yennenga.

 


Musée de Manéga

 

 

Le faux départ

Tous les vendredis matin à Ouagadougou, au palais du Mogho Naaba, nous pouvons assister à la cérémonie du faux départ. L'histoire remonte à plusieurs siècles lorsque le Morgho Naaba voulut partir pour Ouahigouya à cheval afin d'aller guerroyer contre un de ses proches qui lui avait volé les instruments royaux. Sa femme et son entourage, l'en ont dissuadé en arrêtant le cheval.

 

Depuis, tous les vendredis matin, devant le palais du Mogho Naaba, on sort le cheval du Naaba caparaçonné ; le Mogho monte sur le cheval cependant qu'un proche pose la main sur le cheval afin de l'empêcher de partir.


 


Le Mogho Naaba et sa cour lors de la grande parade du cinquantenaire

 

 

Autres traditions...
 

Le Burkina Faso regorge d'histoires de chevaux comme celle du Naaba Zoungrana qui , énervé par ses sujets, disparut au galop en grimpant sur un baobab. Aujourd'hui encore, nous pouvons voir les traces des sabots sur le tronc de l'arbre dans le village de Komseiga.

 

LES DIFFERENTES RACES
 

Il n'existe pas de race originaire du Burkina Faso ; la plupart des chevaux proviennent de l'Afrique de l'Ouest ou du Maghreb. En général les chevaux que l'on rencontre au Burkina Faso sont robustes et plutôt petits.

 

- Le barbe : cheval originaire d'Afrique du Nord, très ancienne race,  traditionnellement associée aux peuples berbères. C'est un cheval en général court de taille (1,50m au garrot) robuste, parfaitement adapté au climat. Il peut être mélangé avec des chevaux pur sang arabes. C'est le cheval le plus répandu au Burkina

 

- Le cheval du fleuve : originaire du Sénégal, on le trouve dans toute l'Afrique de l'Ouest, croisement entre le barbe et une race de poney locale. C'est un cheval de selle à l'origine du Fouta

 

- Le Fouta ou Foutanké est une race de cheval de selle léger originaire du Sénégal, dont on distingue deux types ; le cheval du fleuve et le Mbayar

 

- Beaucoup de chevaux viennent du Niger, souvent assez grand de taille (1,65 m au garrot).


 

 

 

L'alimentation

 

Les chevaux sont nourris avec du son de maïs ou de blé. Pour qu'ils soient en forme, on leur donne également du mil et de l'herbe de différentes sortes (fraîche ou sèche) selon la saison et les réserves faites. On peut également leur donner des feuilles d'arachide mais en petite quantité.

 

 

TRADITION VIVANTE DU CHEVAL

 

Actuellement, les éleveurs de chevaux se trouvent chez les Peuls, les Touaregs et les Gourmantchés. C'est dans le Sahel (vers Gorom-Gorom) qu'on rencontre le plus de chevaux ; les hommes se déplacent souvent sur leurs chevaux et se rencontrent deux fois par an afin de rivaliser d'adresse. Le cheval est considéré comme un membre de la famille.
Par contre dans le Sud et le Sud Ouest du Burkina Faso, le cheval est totalement inconnu.

 

L'ART DU CHEVAL

 

- Voltige : cette discipline consiste à exécuter des figures acrobatiques avec un ou plusieurs chevaux lancés au galop. Elle peut être présentée seule, en démonstration ou incluse dans un spectacle avec une mise en scène.

 

Au Burkina Faso, elle se pratique depuis une vingtaine d'années, sur des chevaux lancés en pleine vitesse en ligne droite. Les cavaliers pratiquant cette discipline sont nommés : "guerriers". Elle est à l'honneur chez le Mogho Naaba (roi des Mossé) lors de grandes fêtes religieuses ou lors des 

La garde nationale lors de la grande parade du cinquantenaire à Bobo le 11 décembre 2010

 

 

 

 


Article réalisé avec l'association " l'Etalon de Yennenga"
04 BP 8374 Ouagadougou 04, Burkina Faso
tel 00 226 - 72 99 52 78 / 78 37 88 90
Courriel : mamandebaba@yahoo.fr

 

 

L'ALBUM

- Le galop de Ouedraogo
- Le galop - 2ème partie
- Le galop 3ème partie
- Le galop 4ème partie
- Le galop 5ème partie
- Le galop 6ème partie
- Voltige à cheval
- Madi et Sindi