Consulat du Burkina Faso de Nice

Le coton - le Dan Fani

jeudi 23 août 2018

LE COTON : DU CHAMP AU PAGNE

 

LE DAN FANI

 

Pendant des décennies voire des siècles ; les hommes tissaient des bandes de coton larges d'une dizaines de centimètres, lesquelles n'avaient pas de nom particulier si ce n'est "habit traditionnel". Cette habitude de se vêtir est venue avec la progression de l'Islam qui interdisait d'être nu.
 

L'arrivée de métiers à tisser plus larges et surtout féminins a donné des bandes de tissus plus larges qui ont commencé à se diversifier. Il a fallu attendre l'avènement du Président Thomas Sankara (1983 - 1987) pour lui donner un nom : le Faso Dan Fani. "Fani" c'est l'habit, le pagne, "Dan" tissé. Il s'agit donc du "pagne tissé de la patrie". (les termes sont en dioula).

Du temps du Président Sankara, la production traditionnelle a été poussée au point de rendre le port de l'habit obligatoire sous peine d'amende pour les fonctionnaires.
Il voulait par là émanciper les femmes en produisant burkinabè suivant son adage "produisons et consommons burkinabè"..

Après 1987, un ras-le-bol des fonctionnaires devant cette obligation a fait chuter la production du Dan Fani ; jusqu'à ce que la Haute-Couture d'Afrique de l'Ouest s'en empare, convaincue de la qualité du tissu.

 

 

 

Les teintures traditionnelles ont été remises à l'honneur mais également les teintures chimiques, plus dangereuses à manier mais les couleurs sont plus éclatantes et mieux fixées.
 

De grandes manifestations ont été organisées depuis le début des années 2000 : comme le "Dan Fani Fashion Week" (1ère édition à Ouagadougou en 2015), ou bien la "Nuit du Dan Fani" à Paris (2ème édition en 2016) ; d'autres manifestations ont eu lieu notamment aux USA. Le but de ces manifestations est de valoriser la haute-couture et le Dan Fani.
 

En 2016, le Président Roch Kabore rend obligatoire le port du Dan Fani pour la fête de la femme du 8 mars. Il s'habille lui-même en Dan Fani même pour les cérémonies protocolaires.

Après la Haute-Couture, c'est le prêt à porter qui s'empare de ce tissu ; tenues, costumes : le Dan Fani fait concurrence au Basin dans l'élégance.

 

 

Témoignage de Salif'C, styliste :

 

"Je travaille avec le pagne tissé depuis très longtemps, mais je le mélange avec d'autres tissus. Depuis un an j'ai une folle envie de valoriser le Dan Fani. Je voyage beaucoup pour les défilés de mode ; j'ai visité de nombreux pays et je m'aperçois que les gens ne connaissent pas ce tissu. Par contre chaque fois que je présente un vêtement avec du Dan Fani, cela révèle l'originalité de la pièce.

Je trouve que c'est vraiment une richesse que le Burkina Faso détient autour de ce tissu. J'invite les créateurs à s'investir dans cette matière : vêtements, accessoires, pièces d'ameublement. C'est une très bonne matière, l'étoffe est très belle."

 

 


Créations de Salif C' qui mêle les cotonnades classiques au Dan Fani

 


A droite et à gauche : les pagnes du 8 mars (2016 - 2017)

 

EN SAVOIR PLUS

 

- Art et Artisanat du Burkina Faso

 

 

 

 

(crédit photos : sur la page principale)

 

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