Consulat du Burkina Faso de Nice

Le coton - les produits du coton

jeudi 23 août 2018

LE COTON :  DU CHAMP AU PAGNE

 

 

LES PRODUITS ISSUS DU COTON

 

Le coton est ramassé pour ses fibres, mais il produit également des dérivés intéressants pour l'industrie agro-alimentaire ou cosmétique. Depuis l'indépendance, toute une industrie s'est développée autour des produits issus du coton.

 

La graine de coton contient 22% de protéines, 20% de matières grasses  et 28% de cellulose brute. Cela donne une graine riche en matière grasse particulièrement prisée pour les vaches laitières.

 

Avant 1990, les graines telles quelles étaient impropres à la consommation voire toxique (humaine ou animale) car contenant du gossypol : une glande située sur l'amande de la graine. Des recherches menées pour obtenir un "coton qui se mange" ont permis d'entrevoir des nouvelles perspectives pour l'industrie agro-alimentaire. (entre autre, c'est un laboratoire de l'INERA qui a poursuivi des recherches en ce sens). Auparavant, il fallait traiter l'huile issue de la graine à la soude afin d'éliminer le gossypol. Toutes les variétés ne sont pas "glandless" auquel cas, elles sont traitées en usine.

 

 

Sur la production de coton-graine engrangée par les différentes usines du Burkina Faso : 40% sont des fibres, 53% sont des graines et 6% sont des déchets (pourcentage approximatif).

Ces graines ont des destinations diverses :

-15% sont prélevés à titre de semences qui seront revendues aux cotonculteurs l'année suivante.

- 64% sont revendus à des huileries (essentiellement à Bobo Dioulasso) qui vont les transformer en huile ou en savons

- 5% vont être donnés à l'office national d'approvisionnement et d'intrants zootechniques et vétérinaires, chargé d'apporter un appui aux éleveurs.

- les 15% restants sont cédés à diverses destinations.

 


Pain de savon à l'huile de coton

 

En ce qui concerne le tourteau ; une bonne partie est exportée en Europe, une partie demeure au Burkina Faso pour la consommation locale ou bien exporté dans les pays limitrophes. Ce tourteau contient plus de 45% de protéines. Parfois, pour éviter un tourteau trop gras, on réintroduit une partie des coques dans le mélange. Ce tourteau est très intéressant pour le bétail car plus riche que le tourteau de soja par exemple.

On récupère le reste pour le réduire en farine et le mélanger avec aux coques et aux divers déchets pour en faire de la farine destinée au bétail.

 

LES HUILES DE COTON

 

Les huileries se taillent la part la plus importante du marché des produits dérivés. Après une première transformation, le résultat donne environ 50% d'amandes et 50% de coques ; les amandes vont donner un tiers d'huile de coton brute et 2/3 de tourteaux.

 

L'huile brute est vendue à une société de productions phytosanitaires qui va transformer cette huile brute en pesticide (notamment destiné à la culture du coton).
Une autre partie est raffinée, décolorée, désodorisée afin d'en faire une huile alimentaire.
Le reste est considéré comme du déchet.

 

L'huile de coton occupe le cinquième rang mondial de la consommation d'huile alimentaire. C'est une des premières huiles consommées en Afrique de l'Ouest. Il faut 10 kg de coton-graine pour obtenir à la fin un litre d'huile de coton. Cette huile a l'avantage de pouvoir servir de combustible, pure ou mélangée avec du fioul ou du DDO (Distilled, Diesel Oil). Des recherches se poursuivent sur un mélange d'huile de coton et de jatropha.

 

L'huile de coton est également de plus en plus utilisées en cosmétique pour ses vertus anti-oxydantes afin d'assouplir la peau (notamment pour les peaux sèches) grâce à sa teneur en oméga-6 en vitamine E et en stérols : on l'utilise comme crème de massage, après-rasage, crème adoucissante, crème anti-gerçures, démaquillant.....
Elle ne supporte pas d'être exposée à la lumière ou bien aux trop fortes températures car elle s'oxyde facilement.

 

Un autre aspect moins connu de l'huile de coton concerne ses vertus médicinales. En effet l'huile de coton est souvent utilisées comme anti diarrhéiques ou bien pour ses vertus expectorantes dans les quintes de toux ou encore pour ses vertus antiasthmatiques. En Afrique de l'Ouest, les femmes l'utilisent souvent pour les troubles menstruels.

Ces traitements sont pris à partir de l'huile de coton mais également les racines ou les feuilles de la plante comme anti-inflammatoire ou analgésique. 

 

EN SAVOIR PLUS

 

- Le coton et ses co-produits en alimentation animale

- L'huile de coton comme combustible

- Histoire de la culture du Coton, A. Schwartz, IRD, 1993

- cotonnier, coton, coton toux

 

 

(Crédit photo : voir la page principale)

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